Edito
13H17 - mardi 26 avril 2022

La balafre sur le front républicain. L’édito de Michel Taube

 

Le front républicain a donc eu raison du front (maquillé en Rassemblement) national. Pourtant, avec plus de 40 % de votants en faveur d’un parti d’extrême droite, un candidat islamogauchiste à 22 % au premier tour, et une abstention relativement élevée (mais pas si catastrophique que certains le prétendent), le front républicain est bien lacéré d’une vilaine balafre encore purulente.

Même si l’écart entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen est plus important que ce que prévoyaient les sondeurs, peut-on même évoquer un front républicain dans un pays dont les 2/3 des électeurs ont basculé dans un camp extrémiste, et dont les premiers sondages post présidentiels indiquent qu’ils espèrent une cohabitation ?

Marine Le Pen et plus encore Jean-Luc Mélenchon se voient plus beaux et plus grands qu’ils ne le sont. Leur score flatteur est le résultat du vote utile, qui a certes aussi bénéficié à Emmanuel Macron au détriment de Valérie Pécresse. Il n’y a aucune adhésion populaire massive au nationalisme ni à l’islamogauchisme.

Aux législatives, ce qui reste de la droite et de la gauche traditionnelles se dissoudra d’une façon ou d’une autre dans la macronie, ou si elle s’y refuse, dans le néant, même si un jour de 2027, les phénix renaîtront peut-être de leurs cendres. Reste les écolos, qui ne cessent de se radicaliser (Yannick Jadot, trop raisonnable aux yeux des leaders Khmers verts du parti, risque le placard), alors la sauvegarde de l’environnement est une préoccupation majeure pour tant de Français, les jeunes en particulier.

En définitive le camp du raisonnable se réduit à Emmanuel Macron et à quelques résidus LR et PS. Mais au moins peut-il compter sur eux, alors qu’une alliance du rejet et de la haine entre LFI et RN demeure utopique.

Aux législatives, les règles de financement des partis rendent improbable un regroupement en trois camps bien distincts, du moins dès le 1er tour. Déjà, le RN rejette tout accord avec Éric Zemmour, qui a sévèrement mouché la famille Le Pen pour ses multiples échecs. Si les écolos sont prêts à se donner à Mélenchon pour quelques circonscriptions, le PC ne partage plus la vision immigrationniste et islamogauchiste de LFI, et espère ne pas se dissoudre entièrement dans la mélenchonie. D’ailleurs, sans la désuète étiquette PC, Fabien Roussel n’aurait-il pas pu espérer un meilleur score à la présidentielle ? D’un coté (de la balafre), le RN est condamné à errer seul, sans alliés. De l’autre côté, LFI est un parti hégémonique sous la coupe d’un autocrate mégalo qui ne supporte aucune contradiction.

Ces calculs politiciens, dont le résultat ne sera connu que le 19 juin prochain, laissent espérer qu’Emmanuel Macron obtiendra une majorité, car même si on peut être sévère avec son bilan et sceptique quant à ses promesses, la division des oppositions radicales laisse espérer que la raison l’emportera. Avec un score de près de 60 % des suffrages au second tour de la présidentielle, le front républicain ne s’est pas entièrement effondré. Un front certes balafré, mais moins que ne le sera probablement la France quand l’extrême gauche règlera ses comptes dans la rue, comme elle a déjà commencé à la faire au soir de la réélection d’Emmanuel Macron. Il faudra alors que le pouvoir ait le courage de traiter ses individus en délinquants, y compris ceux qui les incitent à refuser le verdict des urnes au bénéfice de la sédition. Et là, la partie est loin d’être gagnée !

 

Michel Taube

Directeur de la publication

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