Edito
12H54 - mercredi 13 avril 2022
France

« Ne pas donner une seule voix à Marine Le Pen » ou la ruse mortelle de Mélenchon. L’édito de Michel Taube

 

Beaucoup ont salué la sortie de Jean-Luc Mélenchon dimanche soir. Nous ne sommes pas d’accord ! En refusant d’appeler ses 7 714 574 électeurs à « utiliser le bulletin Emmanuel Macron », comme l’ont dit explicitement Fabien Roussel, Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse pour faire barrage au Rassemblement National, le leader Maximo de cette nouvelle gauche sortie des urnes a ouvert les vannes du vote blanc et de l’abstention pour dimanche 24 avril.

Le candidat des Insoumis vient d’ailleurs de décider d’interroger ses électeurs pour décider s’il faut soutenir Macron, voter blanc ou s’abstenir au second tour. En effet, c’est bien le problème : au vu de la psychologie politique de ses partisans, cette fameuse phrase, scandée cinq fois, « Pas donner une seule voix à Marine Le Pen », qui a été entendue par les médias parisiens comme un « votez Macron », a probablement signifié davantage pour ses troupes « vous pouvez aussi vous abstenir ou voter blanc ».

On le sait, l’issue de l’élection présidentielle dépend désormais largement des choix que feront ces millions d’électeurs.

De nombreux jeunes ne jurent que par Maximo Mélenchon, habités par un idéalisme, pardon, une utopie idéologique, qui leur fait oublier un programme économique suicidaire et une trahison des valeurs républicaines et humanistes qu’il prétend incarner.

La psychologie des Insoumis ? L’union des frustrations et des rancœurs, encourageant les violences urbaines contre les policiers, bref la violence insurrectionnelle, et récupérant sans vergogne l’islam politique (Mélenchon a fait un carton dans les banlieues populaires), l’indigénisme racialiste (donc raciste), le néo féminisme (ennemi du féminisme… et des hommes). Le quotidien La Croix a publié une étude de l’Ifop qui est sans appel : 70% des Français qui se disent de confession musulmane ont voté Mélenchon dimanche dernier. Et il n’y a pas de vote communautariste en France ?

Les damnés de la terre, dont Mélenchon est passé dimanche de leader politique à la figure de patriarche, voteront-ils Emmanuel Macron ? Non, beaucoup s’abstiendront, voteront blanc. Près d’un tiers d’entre eux, selon les sondeurs, peut-être plus, iront même voter Le Pen.

Cette colère française, dont certaines causes n’ont effectivement pas été traitées depuis cinq ans et en fait des décennies, cette rancœur mal placée, cette haine du système et de Macron qui en est l’égérie, seront peut-être absorbées jusqu’au soir des élections législatives. Mais ultérieurement, il faut s’attendre à des troubles extrêmement graves, rendant le pays irréformable et peut-être ingouvernable… sauf peut-être par référendum.

Nous avons, avec la carte de France du vote Mélenchon, un aperçu des territoires déjà ou bientôt perdus de la République. Naguère, Marine Le Pen qualifiait le parti mélenchoniste de « France islamiste ». Sur ce point, on ne peut lui donner tort : considérer que promouvoir la laïcité et lutter contre l’islam politique est du racisme, c’est faire sien le discours des Frères musulmans et autres salafistes. Les Insoumis attisent le feu le plus dangereux, celui qui risque de mettre les Français devant le choix entre soumission et confrontation. Leur complaisance avec l’obscurantisme islamique est une véritable traitrise aux valeurs de la République et aux libertés fondamentales. Cette collaboration avec cet abject fascisme moyenâgeux devrait discréditer Mélenchon à tout jamais, lui le franc-maçon, le laïcard oublié.

Mais dans l’immédiat, le drame est qu’au final chaque votre blanc, chaque abstention supplémentaire, c’est une voix de gagnée pour Marine Le Pen. Si Mélenchon a bien dit cinq fois « Pas donner une seule voix à Marine Le Pen », il a en fait signé un chèque en blanc à ses troupes, à ses 7 714 574 électeurs pour qu’ils conjuguent chacun à sa manière le « tout sauf Macron » dimanche 24 avril.

Marine Le Pen à l’Elysée, c’est un risque de chaos, notamment économique, à brève échéance. Mélenchon et ses successeurs (Danièle Obono, Alexis Corbière et consorts) espèrent ramasser les marrons du feu face à un Macron réélu de justesse en 2022 ? Pire, l’intérêt de Mélenchon et des Insoumis ne serait-il pas que Le Pen gagne dans dix jours ?

Et l’Élysée en 2027 pour les bébés Mélenchon ?

 

Michel Taube

 

RDV mardi 26 avril pour le Live du Mardi avec Opinion Internationale

Je m’inscris Mardi 26 avril à 19h sur Zoom : bilan de l’élection présidentielle : lancement de la rubrique « Solutions pour la France » avec Patrick Pilcer, Philippe Latombe et des décideurs engagés au coeur d el’actualité.

 

Directeur de la publication