Edito
09H44 - samedi 19 février 2022

Les emmerdeurs (privilégiés) sont de retour. L’édito de Michel Taube

 

Le 16 janvier 2020, en pleine grève des conducteurs de la RATP (CGT et Sud en majorité) contre la réforme de leurs privilèges en matière de retraite, Opinion Internationale publiait un article reprenant un rapport de la Cour de comptes consacré aux régimes spéciaux.

On pouvait lire en page 9 : « Pour les nouveaux retraités de 2017, la pension brute moyenne en équivalent carrière complète s’élève à 3 592 euros pour les IEG, à 3 705 euros à la RATP et à 2 636 euros à la SNCF, contre 2 206 euros pour les fonctionnaires civils de l’État. Ces écarts, qui se sont accrus depuis 2010, résultent en partie d’écarts de qualification. Pour les retraités ayant accompli une carrière complète nés entre 1940 et 1946, le montant moyen de pension des retraités de la RATP et de la SNCF est supérieur de 24 % à celui des anciens salariés du secteur privé des transports, résultant également en partie d’écarts de qualification. ».

Ce sont ces mêmes privilégiés qui, vendredi 18 février, une fois encore, ont pourri la vie de tant de Franciliens un jour de départ en vacances.

Subir les revendications de pouvoir d’achat de celles et ceux qui, outre leur pension deux fois supérieure à celle du secteur privé, peuvent prendre leur retraite à partir de 52 ans (55,5 ans en moyenne), avec une retraite calculée sur les six derniers mois de leur carrière, quel toupet ! On peut y ajouter le temps de travail effectif réduit et quelques autres petits avantages censés compenser leurs terrifiantes conditions de travail, comme s’ils étaient les seuls à être privés de lumière du jour.

La RATP, entreprise par ailleurs gangrénée par l’islamisme, parfois avec la complaisance (la complicité ?) des mêmes syndicats d’emmerdeurs (merci, Monsieur Macron, grâce à vous, on n’est plus obligé de surveiller son vocabulaire), est à l’image de ce qu’est devenue la municipalité parisienne, au moins depuis qu’Anne Hidalgo (bientôt Madame 1 %) et ses alliés écolo-gauchistes en ont pris les rênes.

Que veut l’intersyndicale CGT, FO, Unsa, CFE-CGC, Solidaires et La Base : une augmentation de salaire supérieure aux 0,4 % proposés par la direction, à l’occasion des négociations annuelles obligatoires sur les salaires. Évidemment, les syndicats considèrent qu’il s’agit d’une « provocation ». Même si la l’augmentation peut sembler dérisoire au regard de l’inflation et qu’il n’y a pas que des roulants à la RATP, il serait légitime que ces syndicats n’oublient pas d’où on part en termes de salaires et d’autres avantages. Il n’est pas utile de rappeler que les plus virulents, les fameux roulants, sont les plus privilégiés de tous les agents de la RATP, et que leur pouvoir de nuisance est un scandale auquel les pouvoirs publics n’ont jamais eu le courage de s’attaquer (sauf Nicolas Sarkozy, dans une très insuffisante mesure).

Pourtant, la loi considère que les entreprises de transport sont des opérateurs de services essentiels (OSE), ce qui les soumet à certaines obligations particulières pour garantir la pérennité de leur fonctionnement, notamment en matière de sécurité informatique. En Italie, le droit de grève est fortement restreint dans les transports publics, et dans la plupart des pays développés, il existe un VRAI service minimum. Sauf en France. D’ailleurs, la plupart des lignes du métro parisien étaient purement et simplement à l’arrêt durant toute la journée de vendredi, et fortement ralenties aux heures de pointe. Seules les deux lignes automatiques (un cauchemar pour ces grévistes) ont fonctionné normalement.

Comme l’a vociféré le cégétiste Bertrand Hammache, « le mouvement ne fait que commencer ! ». C’est plutôt le chantage qui continue de plus belle, sur le dos des Franciliens et des Parisiens. La CGT les empêche de prendre les transports en commun alors qu’Anne Hidalgo et ses Khmers verts ont transformé en enfer la circulation automobile.

Qui les empêchera de nuire ? Quel candidat à la présidentielle s’alignera sur les autres pays développés en matière de restriction du droit de grève dans ce secteur, voire ira jusqu’à imiter l’Allemagne, où la grève est interdite aux fonctionnaires, comme compensation de leur garantie de l’emploi ?

Emmanuel Macron ? Eric Zemmour ? Valérie Pécresse ? Et les autres ? Voilà un vrai sujet de campagne présidentielle !

 

Michel Taube

 

Directeur de la publication

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