Edito
11H20 - mercredi 26 janvier 2022

François Hollande : bientôt la vengeance de César ? L’édito de Michel Taube

 

En politique, la trahison est si banale qu’elle n’en est pas vraiment une. Comme le disait si bien Jean de La Fontaine « tout le monde se dit ami, mais fou qui s’y repose, rien n’est plus commun que le nom, rien n’est plus rare que la chose » La formule sied à merveille aux amitiés politiques : Pompidou/de Gaulle, Balladur/Sarkozy-Chirac, Chirac/Giscard, les frondeurs qui ont coulé le PS et Hollande, lequel avait déjà savonné la planche présidentielle de sa Royale compagne. Bientôt Édouard Philippe – Emmanuel Macron ?

Au registre des trahisons politiques en famille, la palme historique est vraisemblablement détenue par Brutus, fils adoptif de Jules César. Son coup de poignard dans le dos ne fut pas une métaphore.

Darmanin, Le Maire, Philippe ou Castex, tous passés des Républicains à Macron avec armes et bagages. Carriéristes ? Jamais ! Seule importe l’intérêt de la France, qu’ils ont tous chevillé au corps et à laquelle ils font don de leur personne.

On pourrait ajouter les actuels jeux de chaises musicales au sein des partis de droite, avec le recruteur Zemmour à la manœuvre. Mais n’étant pas César (ni même Brutus) qui veut, on aura vite oublié les sacrifices patriotiques des Collard et autre Peltier. Encore que… Si le vase déborde en avril prochain, quelle sera la goutte d’eau qui l’aura fait déborder ?

Emmanuel Macron, d’abord conseiller puis ministre de l’Économie de François Hollande, a-t-il trahi son patron et mentor, son papa politique, en 2017 ? Non, puisqu’il n’y a pas de trahison en politique. Il n’y aurait donc pas de place pour la vengeance. Ce ne serait nullement pour apaiser une quelconque rancœur ni un besoin irrésistible de faire payer la forfaiture à son Brutus que François Hollande pourrait présenter sa candidature dans les prochains jours ou semaines, comme il en laisse entendre la possibilité. Ce serait bien sûr pour sauver la gauche, la France, l’Europe, le monde…

À qui François Hollande ferait-il de l’ombre ? Puisque l’ancien président « normal » n’est a priori ni marxiste, ni woke, ni islamo-verdo-gaucho, ce serait plutôt à la malheureuse Hidalgo (que l’humour de l’ancien président a fait rire jaune) et son ancienne grandiloquente ministre Taubira qu’il tondrait le peu de laine qu’il leur reste.

Mais pour qui votent aujourd’hui les anciens électeurs de cette gauche sociale-démocrate ou sociale-libérale, si ce n’est pour Emmanuel Macron ? Comment peut-on répéter à qui veut l’entendre que la droite est majoritaire dans ce pays, que l’extrême gauche dans toutes ses nuances est honnie d’une majorité de Français, et qu’Emmanuel Macron est le grand favori de l’élection présidentielle ? Cherchez l’erreur ! Christiane Taubira, qui sait faire perdre son camp, grapillera peut-être quelques points à la faveur d’une Primaire populaire qui a tout de même réuni 450.000 citoyens, mais c’est assurément François Hollande qui marcherait sur les plates-bandes de son successeur. Il lui écraserait même les pieds avec délectation.

On sait la rancœur de l’ancien président pour son successeur. Pour lui, c’est bien d’une trahison, d’un coup de Trafalgar, presque d’un coup de poignard dans le dos (façon Brutus) dont il a été victime en 2017. Alors qu’Emmanuel Macron tend à perdre de sa superbe et de son assurance, que les sondages semblent marquer un essoufflement voire un reflux, une candidature de François Hollande serait une manière de lui rendre la monnaie de sa pièce. Blagounette ou projet sérieux ? Il va prochainement nous en dire plus. Le suspense est à son comble.

« Hollande vs Macron, ou la vengeance de Brutus ! » Bientôt sur Netflix !

Michel Taube

Directeur de la publication

Refonder ? L’édito de Michel Taube

Emmanuel Macron, comme tout bon communiquant, a l’art d’abuser des mots : il promit la « révolution » en 2016 dans son livre de candidat à l’élection présidentielle. Voici qu’il lance demain le Conseil National…
Michel Taube