Edito
06H57 - mardi 21 septembre 2021

Pas de présidentielle, un sondage suffira ! L’édito de Michel Taube

 

Pour la énième fois depuis 2016, les sondages se sont trompés ! Cette fois-ci, c’est la primaire des écologistes qui a été fourvoyée par des prévisions qui se sont révélées totalement erronées. Yannick Jadot était donné largement vainqueur. Voilà qu’il se retrouve en ballotage défavorable.

Le bal des faux-pas avait débuté en 2016 avec la primaire de la droite dont François Fillon était sorti vainqueur à la surprise générale. De 2019 à 2021, des élections européennes aux régionales et départementales de juin dernier, il n’y a pas eu une élection sans que les instituts de sondage ne se trompent soit sur le taux de participation soit sur les résultats, soit sur les deux.

Et voilà que Les Républicains veulent confier à un sondage dit qualitatif dont on connaîtra le résultat demain une partie du processus de sélection de leur candidat. Étrange choix ! Pire, les Français sentent de plus en plus que le duel du second tour de la présidentielle, annoncé par les mêmes instituts, entre Macron – Le Pen est factice et bien loin de la réalité.

Le problème est que, malgré la scientificité et la méthodologie rigoureuse employées par ces organismes, un nouveau et double phénomène s’est installé : tout d’abord la volatilité de l’opinion de nos concitoyens. Et un fait nouveau majeur, même dans le secret d’un questionnement sondagier : les Français cachent leur jeu et gardent secret leurs choix électoraux comme un jardin intime.

Les instituts de sondage se trompent parce que les Français sont devenus insondables ! Nous en avons suffisamment de preuves depuis cinq ans.

C’est à se demander si les médias ne devraient pas lever le pied sérieusement sur la commande de sondages. A quoi bon commander des études erronées ?

C’est à se demander aussi si l’on ne devrait pas interdire les sondages à trois mois de l’élection présidentielle ? Le suspense n’en serait que plus grand et les éditoriaux épargnés par des influences encore une fois sujettes à caution.

Non, les Français sont formidables : ils sont plus subtils que les sondeurs et préfèrent déjouer les pronostics. Alors, allons voter massivement en avril prochain car le destin de la France sera en jeu. Une cause trop importante pour la laisser aux sondeurs !

 

Michel Taube

 

Directeur de la publication

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