Edito
14H05 - mardi 2 février 2021

Et si l’on reconnaissait la Covid-19 comme longue maladie ? L’édito de Michel Taube et Laurène da Fonseca

 

« Les personnes infectées par la Covid-19 dans le cadre de leur activité professionnelle peuvent bénéficier d’une prise en charge spécifique en maladie professionnelle ». Voilà ce qui est aujourd’hui reconnu en France et qui concerne les personnes ayant contracté le virus dans le cadre de leur travail.

Mais qu’en est-il pour toutes les autres personnes touchées par le coronavirus depuis le début de la pandémie ? 

Si ces personnes n’ont pas été contaminées sur leur lieu de travail ou à l’occasion de leur travail, ni reconnaissance de longue maladie, ni prise en charge de leurs séquelles n’existe à ce jour. Mais quand beaucoup contractent des formes bénignes, d’autres développent des formes plus graves, parfois dès le début de la contamination. Indépendamment de la gravité de la phase initiale de l’infection, les séquelles pulmonaires, rénales, cardiovasculaires, neurologiques, psychologiques ou autres affectent lourdement le quotidien des personnes. 

Il existe cependant un dispositif spécifique aux affections de longue durée (ALD). Il s’agit « d’affections dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessitent un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse ». Dès lors, pourquoi les séquelles d’une maladie aussi grave que cette Covid-19 qui sévit depuis un an ne sont-elles pas reconnues ? Est-ce une volonté politique motivée par des considérations budgétaires, une limite du « quoi qu’il en coûte » ? Est-ce un oubli de l’administration sanitaire et sociale ? Techniquement, les séquelles de la Covid pourraient être qualifiées d’affection « hors liste » caractérisée par une « maladie grave ne figurant pas sur la liste des ALD 30, comportant un traitement prolongé d’une durée prévisible supérieure à six mois et une thérapie particulièrement coûteuse ». Mais compte tenu des conséquences destructrices de cette pathologie, rien ne devrait s’opposer à ce que cette maladie intègre ladite liste, qui deviendrait ALD 31. Qu’importe la nomenclature sanitaire !

Nous ne cessons de déplorer l’absence d’une vraie politique sanitaire préventive, le CARE, comme disent les Anglo-Saxons, pourtant annoncée par Emmanuel Macron durant la campagne des présidentielles de 2017. Mais puisque nous sommes (encore) dans le CURE (curatif), autant l’assumer pleinement, en venant en aide aux milliers de personnes qui souffrent encore aujourd’hui de séquelles liées à la Covid. 

 

Michel Taube et Laurène da Fonseca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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