Edito
12H35 - mardi 8 décembre 2020

Manifestations et violences sur les policiers et les commerçants : sept propositions pour en finir avec la chienlit du samedi ! L’édito de Michel Taube

 

Manifester est un droit essentiel de la République, et la démocratie n’est pas l’anarchie qui conduit toujours à la dictature. Ne pas obéir à un ordre de dispersion en fin de manifestation revient à pervertir ce droit essentiel, à donner aux autocrates des arguments pour le restreindre. Les manifestants qui refusent de quitter les lieux lorsqu’une manif est terminée ou qui s’interposent entre des casseurs et la police sont en réalité des ennemis du droit de manifester. 

Samedi après samedi, une minorité hurlante et destructrice, encouragée par une extrême gauche que la cohérence devrait inciter à ne plus se présenter aux élections (entre révolution et scrutin, il faut choisir), pourrit la vie des citadins, celle des Parisiens tout particulièrement.

Il y a les violents, évidemment : quelques centaines de casseurs qui terrorisent la population et la police, stigmatisée auprès des jeunes par le président de la République sur le site BRUT et dont on apprend qu’il veut se racheter en organisant un « Beauvau de la sécurité ».

Il y a les autres, qui pour une raison ou une autre se plaisent à occuper le pavé sans aucun égard pour le préjudice qu’ils occasionnent aux commerçants, quand ils ne servent pas de bouclier aux casseurs. Mention spéciale pour le résidu de gilets jaunes, qu’on a encore vu s’introduire aux Galeries Lafayette, perturbant la vie des citadins allant faire leurs courses, en particulier à l’approche de Noël. L’un d’entre eux aurait pu dire : « Ah, ces salauds de riches qui ont les moyens de faire des cadeaux à Noël. Il faut donc les punir ! ». Oubliant que se faisant, ils punissent autant les employés de ce grand magasin qui gagnent péniblement leur vie pour pouvoir, eux aussi, offrir quelques cadeaux à leurs proches.

Ces « manifestants » n’ont pas plus de considération pour les commerçants qui eux-mêmes ont souvent du mal à finir les fins de mois (mais qui, eux, aiment au moins travailler) et sont en train de disparaître, malgré les aides publiques qui sont en réalité très loin du « quoi qu’il en coûte » présidentiel (quoi qu’il en coûte à qui ? À nous, contribuables, bien évidemment !). Une ville sans commerces « non essentiels », vous avez vu ce que cela donne durant le confinement. C’est ce que veulent ces manifestants ?

Pour l’heure, il y a urgence ! On ne peut attendre le Beauvau de la sécurité dont les énièmes mesures qui en sortiront ne seront pas appliquées au mieux avant le prochain quinquennat. Prenons quelques mesures, certaines d’application immédiate, d’autres nécessitant une loi (ou une autorisation du Parlement de légiférer par ordonnances) et qui visent surtout à dissuader et à diminuer la présence des manifestants qui s’interposent entre les casseurs et les forces de l’ordre…

  • Refuser toute déclaration de manifestation le samedi car elles entravent trop la circulation et l’activité commerciale au bénéfice du dimanche, en privilégiant les zones moins denses commercialement ;
  • Autoriser davantage les rassemblements statiques que les marches dans les rues commerçantes ;
  • Créer un fonds d’urgence bipartite entre assureurs et pouvoirs publics d’indemnisation intégrale et immédiate des victimes de vandalisme (commerçants, personnes, municipalité…) au nom de l’obligation de résultat pesant sur l’État en matière de sécurité ;
  • Reprenant une idée que Nicolas Sarkozy avait formulée en 2006Edouard Philippe envisagea en 2019 le recours à des « produits marquants codés » (PMC), en réalité une encre partiellement indélébile et invisible. L’idée a été étrangement abandonnée et mériterait d’être déployée au plus vite. Une alternative serait le paint ball, envoyant sur les casseurs une bonne vieille peinture à l’huile totalement indélébile, à condition que le fusil à peinture soit équipé d’une caméra. Si tant est qu’il soit arrêté sans avoir pu se changer intégralement et discrètement (en sous-vêtement dans la rue, cela peut être compliqué !) la preuve des faits serait ainsi établie, mettant les juges devant leurs responsabilités.
  • Créer une unité de police spécifiquement dédiée à identifier et verbaliser les manifestants, qui s’interposent sciemment près des casseurs et qui refusent de quitter les lieux après un ordre de dispersion.
  • Protéger les forces de l’ordre de poursuites abusives si elles font un usage proportionnée de la force à l’encontre de manifestants qui servent sciemment de boucliers aux casseurs. 
  • Constatant que la plupart des casseurs sont salariés, instaurer une garde à vue ou rétention administrative de huit jours, permettant à leur employeur de les licencier pour abandon de poste. En effet, les juges prétextent des garanties de représentation (une adresse, un travail) pour ne pas incarcérer ces délinquants, alors qu’il y a tant de chômeurs qui ne demanderaient qu’à prendre la leur. À défaut de prison, la peur de perdre son travail peut devenir une arme de dissuasion dont il est absurde de se priver dans le contexte actuel.

Un manifestant qui manifeste est un manifestant, un manifestant qui empêche la police de maintenir l’ordre public est un délinquant, un manifestant qui s’emporte et qui frappe sur un policier est un criminel.

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

 

 

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