Edito
11H58 - vendredi 13 novembre 2020

Bataclan, 13 novembre 2015 : « et le sol se dérobera sous tes pieds si tu écoutes de la musique ». L’édito de Michel Taube

 

13 novembre 2015 : « et le sol se dérobera sous tes pieds si tu écoutes de la musique ».

Ces paroles sont celles de l’imam de Brest qui endoctrinait des enfants, imam dont la fausse repentance lui valut l’absolution publique, alors qu’il aurait dû être poursuivi pénalement, a minima au titre de la protection de l’enfance, mais aussi pour incitation à la haine.

Au Bataclan, aux terrasses de plusieurs cafés parisiens et devant le Stade de France, le sol s’est bien dérobé sous les pieds de ceux, jeunes en majorité, de toutes confessions et origines, qui jouissaient de notre monde de libertés que les djihadistes se réservent pour l’au-delà, paradis de luxure où ils croient que 70 vierges les attendront.

130 morts et des centaines de blessés, en ce 13 novembre 2015, au nom de l’islam.

Cinq ans plus tard, nous commémorons. Nous commémorons tous les jours. Cinq ans, c’est déjà loin. Même la décapitation de Samuel Paty, c’est déjà loin. Depuis, le fanatisme islamique encore frappé. Égorgement et décapitation encore, dans une église de Nice, ville déjà gravement frappée le 14 juillet 2016 (86 morts, dont de nombreux enfants, et des centaines de blessés). Décapitations aussi au Mali, au Mozambique (des dizaines d’adolescents décapités et démembrés par un groupe djihadiste ces derniers jours).

93 % des Français pensent qu’il y aura d’autres 13 novembre, en sus des actes isolés qui vont se multiplier. Avec la levée de boucliers contre la France dans le monde arabo-musulman, avec la véritable fatwa lancée contre elle, tantôt par les dirigeants politiques ou religieux (merci Monsieur Erdogan), tantôt par la rue, comme au Pakistan ou à Gaza (merci amis palestiniens), avec aussi l’action de la France en Afrique subsaharienne, qui tente d’éviter qu’elle ne devienne un gigantesque califat, on peut s’attendre à être attaqué avec une brutalité peut-être jamais connue.

À quand un 11 septembre à Paris ? Et quelle réponse la France serait-elle capable d’y apporter ?

De nombreux intellectuels comme Éric Zemmour ou Michel Onfray sont convaincus que le combat est déjà perdu. En France, malgré les dénégations de sociologues de la bienpensance, qui s’abritent derrière l’absence de statistiques ethniques pour affirmer qu’il n’y aurait pas plus de cinq millions de musulmans en France, et qu’ils sont en « immense majorité » parfaitement laïcs et républicains, il y a bien une évolution démographique si évidente qu’elle se dispense de statistique ethnique, évolution conjuguée à une avancée de l’islam radical, en particulier chez les jeunes, donc les adultes de demain, qui priorisent la charia sur la loi laïque.

Mais contrairement à ce que soutiennent Zemmour et Onfray, une civilisation n’est pas obligatoirement fondée sur une religion, et n’a pas besoin de religion pour lutter contre les agressions dont elle est l’objet. Certes, toute civilisation naît et meurt, mais le glas n’a pas encore sonné pour celle des lumières. Ce n’est pas la chrétienté qui est attaquée par l’islam, mais bien les lumières, la sécularisation (dont la laïcité est une déclinaison), la démocratie, l’égalité entre femmes et hommes, le droit des enfants et même celui des animaux, la liberté de pensée et d’expression, la liberté religieuse et celle de ne pas croire, c’est tout cela, c’est notre mode de vie, qui est attaqué par l’obscurantisme, par le fanatisme, par la haine. L’Asie non musulmane n’est pas majoritairement chrétienne et pas nécessairement religieuse. Ce n’est au nom de Dieu que les Japonais ou les Coréens, ou les Chinois qui ne vivent pas en démocratie ne laisseront pas un califat s’installer dans leur pays.

Ce n’est pas le christianisme qu’Adolf Hitler avait attaqué. Ce n’est pas en son nom que De Gaulle et Churchill ont combattu le nazisme, que le peuple d’Angleterre, puis la France libre et les Etats-Unis (et l’ensemble du Commonwealth que l’on oublie souvent) ont résisté à cet autre obscurantisme. Ce n’est pas non plus la religion qui fut le socle de la Démocratie athénienne, au cinquième siècle av. J.-C.

Peut-être faudra-t-il prendre des mesures exceptionnelles, y compris juridiques, pour combattre l’hydre islamiste, comme l’avait décrit Emmanuel Macron. Mais contrairement à ce que prétendent les juristes qui oublient que le droit est un outil et non une fin, se doter d’une législation de guerre ne signifie pas que l’on abandonne l’État de droit. Y renoncer serait le compromettre. Israël est de plus en plus souvent pris en exemple, même dans le monde arabe. L’État de droit, la démocratie, le style de vie à l’occidental y ont été préservés dans un environnement pourtant hostile, exogène et endogène. Mais aujourd’hui, nous en sommes arrivés à ce que les musulmans d’Israël (20 % de la population) soient plus intégrés ou assimilés à leur communauté nationale que beaucoup de musulmans France, et alors que le danger terroriste y est devenu moindre qu’en France. Dans le respect d’un État de droit adapté, la peur doit changer de camps, et les islamistes doivent être convaincus que nous ne les laisserons pas triompher.

En Europe, et singulièrement en France, ce sont les musulmans qui peuvent empêcher le terrible choix entre guerre civile (voire guerre tout court) et soumission. À eux de se lever, avec la participation active de tous les démocrates du pays, contre l’islam politique, à eux de faire le ménage dans leur propre communauté, à eux de faire allégeance à la République, ce qui ne leur a pas été demandé jusqu’alors, mais qu’un trop long silence, leurs petites ou grandes compromissions et trahisons, surtout à la tête de l’Islam de France, rend aujourd’hui indispensable, dans les mots, comme dans les faits.

13 novembre 2015. Nous n’avons pas oublié. Nous sommes en guerre et nous vaincrons en mémoire de ces victimes et pour l’avenir de nos enfants.

 

Michel Taube

 

 

 

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