Edito
13H13 - vendredi 30 octobre 2020

Musulmans de France, demandez à Mohammed Moussaoui de relire la Charte de la laïcité ou de démissionner ! L’édito de Michel Taube

 

 

Tous les jours l’Islam des Lumières doit faire la guerre à l’islam radical. Sur le plan théologique et cultuel comme au niveau culturel. L’Etat doit prendre sa part, la société dans son ensemble, mais les musulmans en premier. Sans cette équation nous n’échapperons pas à une guerre civile en France vu les données démographiques et statistiques.

Or le concert de condoléances convenues de la part des autorités musulmanes françaises ne nous fera pas oublier ce qui s’est passé depuis deux semaines entre l’assassinat du professeur Samuel Paty et le carnage de la basilique Notre-Dame de Nice hier.

Au vu des débats parfois affligeants qui ont traversé la communauté musulmane (des centaines de signalement pour faits d’apologie de l’assassinat de Samuel Paty ont déjà été pointés et poursuivis par la justice, comme le détaille un très bon article du Figaro) et les organisations de gauche (Mélenchon a humilié toute sa vie de républicain), la question, la triste question se pose : combien de musulmans de France ont-ils compris ce que veulent dire la laïcité et la liberté de caricaturer, deux piliers de la société française ? Ou l’ont-ils trop bien compris et pensent-ils dans leur majorité (contrairement aux discours convenus) que la loi républicaine doit se soumettre à la foi musulmane ? C’est en somme ce qu’a dit Mohammed Moussaoui, président du CFCM, et pourtant parmi les plus modérés (il avait récemment rappelé que le port du voile n’est pas une prescription de l’islam) en appelant les pouvoirs publics à ne pas choquer les musulmans en diffusant trop les caricatures de Mahomet.

Non, Monsieur Moussaoui, ce n’est pas à la République de s’adapter aux lois ou aux indignations d’une minorité ou d’une communauté. C’est à vous de vous adapter et de faire allégeance, pleinement allégeance à la République ! C’est ce que Napoléon demanda aux juifs en leur temps. C’est ce que la France devrait vous demander aujourd’hui sans aucune réserve.

Pire, caricaturer ne veut pas dire haïr. Or Mohammed Moussaoui a commis une faute politique majeure en invoquant à l’endroit de ses fidèles un argument religieux dévastateur pour justifier son rétropédalage de la semaine.

Dans une « mise au point sur la question des caricatures » parue le 28 octobre 2020, Mohammed Moussaoui rejette, certes, toute invocation des caricatures pour justifier la moindre violence, mais il réintroduit le poison islamiste dans l’argument théologique qui suit. Lisez plutôt :

« Aussi, j’invite les musulmans de France à méditer cette tradition musulmane rapportant qu’au passage du prophète Muhammad (PBSL) devant une foule, certains ont crié « Ô Mudammam » (mot arabe signifiant le détestable). Le prophète (PBSL) continua son chemin sans réagir. Certains de ses compagnons ont voulu attirer son attention sur ces cris, il se contenta de leur dire : « ils s’adressent à « Moudammam », moi, je m’appelle Muhammad ». Nous pouvons mentionner également le verset coranique : « Nous savons bien que leurs dénigrements t’oppressent le cœur. Célèbre donc les louanges de ton Seigneur et sois du nombre de Ses adorateurs ! » (Coran 15 : 97-98).

Mais enfin, Monsieur Moussaoui, en France, le pays du monde où la liberté du culte musulman est la plus développée et protégée, le prophète Mahomet n’est nullement considéré comme détestable. Vous demandez aux musulmans de se détourner, de tourner la tête au vu d’une caricature, c’est votre droit, mais vous leur faites croire que la laïcité déteste l’Islam. C’est gravissime ! Car c’est faux et profondément injuste !

Il est désolant de devoir rappeler au « président des Musulmans de France » que représenter Mahomet ou même caricaturer Mahomet n’est en rien un geste anti-musulman. Combien de fois devra-t-on expliquer à nos concitoyens musulmans, mais aussi dans le monde arabo-musulman dont des franges excitées et ignorantes se soulèvent, aujourd’hui, contre la France, que Charlie Hebdo est un journal (comme la France bien entendu) qui respecte les croyants, tous les croyants, musulmans ou autres, au même titre que les sceptiques et les incroyants ?  

Samuel Paty, en montrant les caricatures de Mahomet, ne disait rien pour ou contre l’Islam. Il exerçait juste une liberté conforme à nos valeurs.

Adressons-nous à tous les musulmans de France au lendemain de la tragédie de Nice : que les musulmans de France qui comprennent ce principe (caricaturer ne veut pas dire dénoncer, détester, haïr), et ceci, sans la moindre réserve, sans le moindre doute, sans la moindre complaisance intérieure ou religieuse, se lèvent et dénoncent définitivement comme leurs propres ennemis ces autres musulmans qui comprennent au fond d’eux-mêmes, justifient, commanditent et exercent une haine numérique ou physique sur leurs prochains.

Nous ne voulons plus payer le prix des petites lâchetés et grandes compromissions des dirigeants de l’Islam de France qui depuis des années n’ont pas su, et surtout pas voulu, sauf au moment des œcuméniques condoléances au lendemain de sanglants attentats islamistes, se ranger sans réserve dans le camp de la laïcité et de la liberté d’expression.

Doit-on rappeler les grandes dates de ces trahisons : après les premières caricatures publiées par Charlie Hebdo en 2007, un procès en blasphème fut intenté devant les juridictions pénales, avec pour plaignants ou parties civiles des associations et instances représentatives du culte musulman, comme la Grande Mosquée de Paris.

Le 11 janvier 2015, au lendemain des massacres de Charlie Hebdo et de l’Hyper cacher, pendant que près de 4 millions de Français participaient à une marche républicaine, sur les réseaux sociaux, les messages d’apologie du terrorisme se comptaient par dizaines de milliers. De nombreux musulmans disaient ne pas approuver les crimes, tout en y mettant un bémol : « les caricatures, ce n’est pas acceptable ».

Après le nouvel acte de barbarie perpétré au nom de l’islam, aux cris de Allahu akbar, dans une église niçoise, les dignitaires musulmans, imams et représentants associatifs, tout comme l’hypocrite islamiste turc Erdogan, se répandent en condamnations et en soutiens à la France ou aux chrétiens. Et demain, ils nous diront, comme ils l’ont toujours fait, qu’il ne faut pas stigmatiser les musulmans (une caricature, répétons-le, ne stigmatise pas, elle rit, elle se moque, elle joue mais elle ne déteste pas ni encore moins ne prescrit la haine ni la violence), que l’amalgame serait le pire des fléaux et qu’il ne faut pas provoquer les islamistes en blasphémant.

Aujourd’hui, ce n’est pas seulement contre le terrorisme que les musulmans de France doivent se soulever, mais contre l’islam politique et toutes ses nuances théocratiques, notamment les postures victimaires dans lesquelles s’enferment trop de musulmans. Ils doivent faire le ménage dans leur communauté et aider les forces de l’ordre et la justice à le faire. Ce n’est pas de la délation, mais de l’assistance à personne en danger, à peuple en danger, à civilisation en danger, civilisation qui doit être la leur, s’ils chérissent la liberté, s’ils aiment la France et ses valeurs.

Aujourd’hui, le président de la République ne peut décemment pas, comme il s’y est engagé dans son discours « fondateur » aux Mureaux, confier au CFCM le soin d’organiser l’Islam de France. Il est trop miné de l’intérieur par des girouettes opportunistes qui se rangent sous la contrainte plus que par conviction aux lois de la laïcité. Et ses dirigeants sont trop à la solde, chacun, d’Etats aux options théocratiques : l’un la Turquie, l’autre l’Algérie, le troisième le Maroc. Enfin, et c’est la triste réalité sociologique, le CFCM est coupé de sa base. Le CCIF, en voie d’interdiction en France (mais qui a déjà déplacé ses activités à l’étranger… et certainement pas dans un pays nordique), est bien plus populaire parmi les jeunes musulmans que le CFCM. Telle est la triste réalité de l’Islam de France.

Il est grand temps que sortent des rangs de ces millions de musulmans français de nouveaux dignitaires religieux et civils, Français et 100% laïcs. L’Islam de Francde a besoin d’un puissant Consistoire représentatif de la partie culturelle. L’Etat doit les aider à émerger. De nouvelles figures de l’Islam de France doivent s’imposer !

Musulmans de France, levez-vous pour cette République qui sanctifie la liberté du culte. Soyez des centaines de milliers, des millions à vous rassembler contre le cancer fondamentaliste qui gangrène votre culte, l’islam et votre pays, la France. Donnez-vous des représentants français, modernes, laïcs.

Après la décapitation de Samuel Paty, nous disions qu’il était minuit moins une pour Emmanuel Macron. Aujourd’hui, le temps s’accélère brusquement pour les musulmans de France comme pour toute la communauté nationale. L’heure de prendre leurs responsabilités, nos responsabilités.

 

Michel Taube

 

 

 

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