Edito
07H55 - dimanche 18 octobre 2020

Non, je n’irai pas manifester dimanche avec des ennemis de la laïcité tapis derrière les complices de l’assassin de Samuel Paty… L’édito de Michel Taube

 

Ce dimanche 18 octobre, malgré mon sens du devoir patriotique, ou peut-être en son nom, je n’irai pas manifester place de la République pour dire NON à la barbarie qui a sauvagement assassiné Samuel Paty. Mes larmes et ma colère, je les réserverai à cet enseignant courageux et honnête à l’occasion de l’hommage qui lui sera rendu par la nation mercredi 21 octobre.

Puisque nous devons « faire bloc » comme le disait Emmanuel Macron sur le lieu du crime ? Je comprends que Jean-Michel Blanquer soit présent aujourd’hui sur la place de la République sous le mot d’ordre « Je suis prof » mais le chef de l’Etat y sera-t-il présent, comme l’avait fait son prédécesseur François Hollande avec cinquante chefs d’États lors du week-end du 10 janvier 2015, consécutif aux assassinats de la bande à Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher ?

Pour ma part, je n’irai pas, je n’irai plus place de la République tant que nous ne serons pas pleinement engagés dans cette guerre contre nos ennemis.

Car ce dimanche, ce remake du week-end du 10 janvier 2015, où nous étions des millions à scander « Je suis Charlie », rappelle dans le sang et les larmes, une fois de trop, que ces effusions de recueillement collectif n’ont aucun impact, aucun, sur la lutte contre les ennemis de nos libertés ! Probablement que ces rassemblements œcuméniques ont même l’effet inverse : anesthésier l’action collective en lui substituant une compassion, revigorante sur l’instant, mais suicidaire ensuite.

Depuis trois ans, je me refuse à planter de nouveaux Arbres de la fraternité, comme nous l’avions fait les années précédentes en France, au Maroc, en Afghanistan et au Canada… Pour une raison très précise : nous ne pouvons plus fraterniser avec des personnes qui se révèlent trop souvent complices des ennemis de nos libertés.

Car qui est notre ennemi ? Le tueur russo-tchétchène ? Non, ce n’est pas lui notre seul ennemi… Ce sont tous ses complices. Et il faut avoir le courage de les nommer…

Complice Hajj Brahim, ce parent d’élève qui a appelé, dès le 8 octobre, au lendemain du cours d’éducation civique, à lyncher Samuel Paty en le traitant de « voyou » et en exigeant sa démission. Il est actuellement en garde à vue. C’est ce parent d’élève qui a déclenché cette machine infernale. Sans lui, jamais Samuel Paty ne serait mort !

Complice son ami Abdelhakim Sefrioui, leader islamiste ultra-radical fiché S, qui représente le profil type de ces Français dont la déchéance de nationalité prônée par François Hollande en novembre 2015, après l’attentat du Bataclan et du Stade de France, aurait protégé la nation. Lui aussi est en garde à vue.

Complice la Grande Mosquée de Pantin, parmi les plus écoutées des musulmans de France avec ses 94.606 abonnés, qui ose présenter ses condoléances à la famille de Samuel Paty alors qu’elle ose, hors de tout propos cultuel, afficher une vidéo scandaleuse sur #LeVraiS&paratisme, déclaration de guerre contre la politique, trop tardivement mise en œuvre, par Emmanuel Macron contre le séparatisme islamiste.

L’enquête judiciaire révèlera peut-être d’autres complicités et, nous en avons l’intime conviction depuis vendredi soir, il ne serait pas surprenant que des relations directes ou indirectes entre certains parents d’élèves et l’assassin russo-tchétchène soient prochainement établies. La profusion des messages de haine sur Internet n’est peut-être pas la seule qui a convaincu le meurtrier de passer à l’acte.

Ces complices de l’islam radical, ils sont les nouveaux collabos français et ils sont malheureusement des centaines de milliers, peut-être des millions en France aujourd’hui. Or bon nombre d’entre eux défileront certainement ce dimanche par compassion : des dirigeants de la gauche communautariste, ces Mélenchon hier laïcards et aujourd’hui soumis à leur électorat islamiste, ces Obono et ces Aïssa Traoré (tiens cette dernière est dans la vidéo de la Grande Mosquée de Paris avec Rokhaya Diallo), ces élus locaux vendus aux électeurs communautaristes (ils sont si nombreux en région parisienne), ces syndicats d’enseignants, d’élèves et de parents gauchistes prônant le port du voile à l’école comme un droit féministe.

Tous ceux qui pensent que la loi de Dieu doit s’imposer à nous tous et que la République doit s’y soumettre, ou que la République doit s’y adapter en épargnant les musulmans de ses lois séculaires, sont ces complices de cette chaîne d’ennemis de la laïcité qui les relie au parent d’élève Hajj Brahim sans lequel, rappelons-le avec force, jamais il n’y aurait eu d’assassin de Samuel Paty.

Peut-être même que ce parent d’élève a des enfants ou des neveux qui assistaient en 2016 au « cours » de cet imam de Brest qui enjoignait à une centaine d’enfants français musulmans de ne pas écouter de la musique, incarnation du Diable, sous peine d’être « engloutis » par de la terre et transformés en singes et porcs. A l’époque déjà nous désignions notre ennemi de la République !

Tout cela parce que le travail pédagogique n’a pas été fait dans les mosquées et les familles, parce que la République a baissé la garde au nom d’un laïcisme culturaliste contraire aux lois de 1905.

Nous sommes (encore) plus nombreux que ces complices de l’islam radical mais il est urgent d’agir car la peur est en train d’anesthésier des millions d’âmes perdues…

Nous pensions que les assassinats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher seraient notre 11 septembre et déclencheraient en France cette guerre sans merci. Cinq ans et demi après, et des dizaines d’attentats déjoués ou « réussis » plus tard, force est de constater que l’Etat et les Français ne sont pas encore entrés en guerre.

En la matière, Emmanuel Macron a fait perdre trois ans à la France et le fait que l’assassinat de cet enseignant survienne deux semaines, jour pour jour, après le « fameux » discours du chef de l’Etat contre l’islam radical, sonne comme un terrible aveu d’échec. Un quinquennat a été perdu. Une éternité à notre époque.

Françaises, Français, nous sommes le 11 septembre…

 

Michel Taube

 

 

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