Edito
09H00 - samedi 10 octobre 2020

Je te confine moi non plus. L’édito de Michel Taube

 

Alors que le coronavirus, probablement né dans la saleté du marché aux animaux exotiques, protégés et normalement non comestibles (enfin par pour tout le monde !) de Wuang, continue à gambader de terrien en terrien sur les quatre continents. Les laboratoires des mêmes quatre continents sont entrés dans une course effrénée au jackpot que serait la découverte d’un vaccin contre le (ou la, l’Académie française n’ayant pas tranché) Covid-19, ce cadeau empoisonné dont nous gratifie le fameux coronavirus à chacune de ses amicales et fortuites visites (« Corona, ma petite puce, t’es vicieuse comme un virus », chantait Marginal Ray en janvier dernier dans « Ma princesse Corona »).

Sauf que le jackpot vaccinatoire n’est peut-être pas pour tout de suite, même si le docteur Poutine a déjà enfilé sa blouse blanche et sorti sa piqueuse, et que son confrère Trump, qui pense avoir vaincu la vilaine maladie grâce à son traitement à 200.000 boules qu’il veut offrir à toute la population pour espérer se faire pardonner ses 200.000 bourdes, annonce, lui aussi que le vaccin (contre sa défaite électorale) sera bientôt prêt. Vous verrez, le 1er novembre, pour la Toussaint, Donald Trump déclarera solennellement aux Américains que s’ils l’élisent le 3, ils recevront un vaccin bonus sous leur sapin à Noël.

En attendant la libération vaccinale, il faut donc se coltiner le pire du monde d’après pour échapper à l’étreinte douloureuse et parfois fatale avec la vicieuse puce : la distanciation physique, le masque et tout le bastringue et, si cela ne suffit pas, la fermeture des bars voire d’autres lieux de copulation humanocoronique. Et si tout cela ne suffisait toujours pas, si le système sanitaire surchauffait à s’en exploser les services d’urgence, si les lits de réanimation rechignaient à accueillir de nouveaux covidiens, faute de personnels soignants pour les dorloter à coup de respirateurs et autres machines de survie artificielle, ne resterait que le bon vieux confinement moyenâgeux (le Moyen âge, c’était (aussi) en mars dernier !) pour éviter l’inacceptable spectacle des coronalépreux des temps modernes rendant leur dernier souffre dans les couloirs des hôpitaux submergés par le tsunami infectieux, ou chez eux voire pour certains dans la rue.

Les indicateurs de l’occupation des « lits de réa » ont déjà viré au rouge dans plusieurs grandes villes ou régions, en particulier l’Île-de-France. Au train où vont les choses, le rouge écarlate (comme le rouge Véran qui caractérise la situation sanitaire globale) est pour bientôt. Et après… 

Déjà en mars dernier, certains experts envisageaient des périodes de confinement successives pour freiner la vague et éviter qu’elle se transforme en déferlante emportant notre système sanitaire manifestement sous-dimensionné bien qu’il soit sensé être le meilleur du monde (c’est en tout cas ce qu’on nous jurait en janvier). 

Certes, les experts ont raconté tant de salades depuis le début de cette pandémie que leur expertise ne vaut plus guère qu’un avis de comptoir, mais tout porte à croire que l’hypothèse de périodes de confinement à répétition est tout à fait plausible, voire probable. On évoque régulièrement un confinement partiel, ce qu’est déjà d’une certaine manière la fermeture des bars. Les conséquences économiques seraient désastreuses, les coronafaillites conduisant à la mort des secteurs entiers. L’État continuera à ouvrir les vannes budgétaires, comme si cela pouvait continuer sans fin, comme si personne ne devra un jour payer l’addition déjà abyssale. 

L’heure n’est plus à râler contre les mesures que prennent tous les gouvernements de la planète, mais de contribuer de toutes nos forces à éviter qu’il faille aller jusqu’au confinement total. Encourager le civisme sur les gestes barrières et notamment le port du masque, mais aussi sanctionner effectivement ceux qui ne jouent pas le jeu n’est plus une option. En Italie, le non-port du masque coûte 1000 euros de contraventions ! Merci à nos amis italiens dont nous nous moquions à tort en février.

Par ailleurs, il faut cesser de faire la fine bouche sur le télétravail qui serait si pénalisant pour les salariés. Au contraire, que cela plaise ou non, il faut le systématiser chaque fois que possible en attendant des jours meilleurs. Vivre avec le virus, comme disait Emmanuel Macron, oblige à accepter quelques compromis, quelques renonciations temporaires dans l’intérêt général dont se fichent certes les adeptes du yen-a-que-pour-ma-gueule (« on peut pas picoler dans les bars ? Et bien on va faire la fête chez en appart’ et danser avec Princesse Corona ! »). Sauf que leur gueule et celle de leurs proches pourraient aussi se retrouver cassées quelques semaines plus tard… Préfèreraient-ils être à nouveau confinés dans leur tanière ? Préfèreraient-ils un vrai couvre-feu s’il ne restait que lui pour éviter un effondrement sanitaire ? Ceux qui refusent de se plier aux règles sont de fait les véritables promoteurs du confinement. Ils récolteraient les graines qu’ils ont semées, mais feraient partager la récolte à tous. Pas si égoïstes, finalement !

Michel Taube

 

Retrouvez-nous dans le prochain Live Opinion Internationale jeudi 12 novembre 2020 de 19h à 20h30 sur Zoom. Programme et inscription ici.

 

 

 

 

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