Edito
10H02 - mardi 6 octobre 2020

Covid-19 : est-ce aux restaurants de payer la facture de l’échec de toute prévention ? L’édito de Michel Taube

 

On se croirait revenus en mars 2020 : des décisions annoncées la veille pour le lendemain, des contradictions et des exceptions qui troublent le message, des groupes cibles qui font office de bouc-émissaires pour l’ensemble de la société… La gestion de crise par le gouvernement, même si elle a subi quelques ajustements, notamment avec la mise en avant du couple maire – préfet, reste des plus erratiques.

Une fois de plus, les bars, les restaurants, des pans entiers de l’économie et de la société payent aujourd’hui la facture de ce que le gouvernement, pendant tout l’été, n’a pas su d’une part imposer ou faire respecter les gestes-barrière par les jeunes générations et d’autre part protéger suffisamment les personnes à risques. Quelques semaines après les rave-parties, les plages bondées, les soirées arrosées, voici que les admissions en réanimation se multiplient dans les grandes métropoles.

Les restaurants payent aujourd’hui le prix de l’échec cuisant de la communication gouvernementale tout au long de l’été : les jeunes ont été contaminées par le coronavirus et ont invisiblement transmis le Covid-19 à leurs aînés et à leurs proches à risque, sans parler de ces jeunes frappés très durement et dont la science est incapable d’expliquer pourquoi ce virus s’attrape aussi à des valides dans la force de l’âge.

Nous le répéterons jamais assez : une des grandes leçons de cette crise du système de gouvernance de la santé publique en France, révélée par la pandémie du coronavirus, tient dans l’échec complet de toute prévention, de toute anticipation. C’est la société elle-même qui a imposé au gouvernement la logique des masques, alors que le directeur général de la santé a toujours été un masquo-sceptique. C’est la société qui a poussé le pouvoir à homologuer des tests salivaires et antigéniques que les rouages de l’administration sanitaire s’évertuaient, probablement pour de sombres raisons de concurrence, à mettre sur le marché.

Jean Castex se targuait d’être un Grand Intendant, vantant les vertus de la mise en œuvre opérationnelle des décisions prises. Or une fois de plus, la précipitation après les valses-hésitations de ces dernières semaines est de mise : il est inadmissible que des mesures aussi complexes qui touchent des millions d’opérateurs économiques ne soient dévoilées que quelques heures avant leur entrée en vigueur.

Emmanuel Macron disait le 14 juillet : « oui, nous sommes prêts » à affronter une deuxième vague de la pandémie. C’est malheureusement faux. Non, Monsieur le Président, ce n’est pas cela : « apprendre à vivre avec le virus. »

 

Michel Taube

 

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