Edito
16H36 - mercredi 9 septembre 2020

Macron reçoit le Sommet Euro MED7 en Corse : Europe et Turquie sont-elles au bord de la guerre ? L’édito de Michel Taube et Michel Scarbonchi

 

Il y a trois siècles et demi, en 1676, la Corse, a été la terre d’accueil à Cargèse de 600 Grecs fuyant les persécutions turques. La Corse sera-t-elle demain le Sommet d’un accord de défense franco-grec qui permettrait une désescalade face aux menaces turques par son effet dissuasif ?

En effet, Ajaccio sera pendant deux jours la capitale de la Méditerranée, dans le cadre du 7ème Sommet des pays du Sud de l’Union européenne (MED7), qui réunira aux côtés de la France, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, Chypre et Malte.

Formidable pied de nez de l’histoire qui voit dans la ville de naissance de Napoléon et dans une Collectivité de Corse, présidée par l’autonomiste Gilles Simeoni qui vient de nous accorder une interview exclusive, se jouer un moment historique de l’Union Européenne.

En effet, aux tensions libyennes opposant la France, l’Italie et la Grèce et aux velléités expansionnistes du Président Erdogan, se sont ajoutées les revendications turques sur les richesses pétrolières et gazières de la mer Egée.

Dans sa fuite en avant nationaliste et populiste, le sultan d’Istanbul, confronté à une grave crise économique et politique dans son pays, a choisi l’affrontement avec l’Union européenne.

Pariant sur la division des Européens, sur la crainte du chantage aux migrants qu’il peut activer des côtes turques (4 millions de Syriens) tout autant que de Tripoli (800000 Africains), surtout sur la peur de l’affrontement armé (ne prétend-il pas que si les Turcs sont prêts à mourir pour la mer Egée, la plupart des Européens s’y refuseront) et, in fine, sur la communauté turque en Allemagne, forte de de 2,5 millions de personnes, pour obtenir ce qu’il réclame.

Cette stratégie « coup de force-chantage » lui a déjà permis de transporter près de 14 000 miliciens islamistes syriens en Libye pour sauver les Frères musulmans » de Tripoli.

Des révélations récentes sur les relations entre le gouvernement turc et le Hamas ont mis le doigt sur un des nombreux axes de cette stratégie de harcèlement des Européens par Ankara. Erdogan a ainsi reçu une délégation du Hamas emmenée par Ismaïl Haniyeh, chef du bureau politique du mouvement, à Ankara fin août. Suite à quoi la diplomatie turque aurait fourni, selon plusieurs sources, des passeports à une douzaine de membres du Hamas tandis que d’autres seraient en cours de réalisation. Le ministère turc des Affaires étrangères n’a pas réagi à ces révélations. Alors que le Hamas est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne, l’obtention de ces passeports permettrait à leurs détenteurs de pénétrer sur le territoire européen et de porter atteinte à la sécurité des pays de l’Union et, notamment, de la France.

Revenons en Méditerranée : nous vivons une crise dans laquelle tout incident maritime entre la Grèce et la Turquie peut, à tout moment, déclencher un conflit.

Il appartenait à l’OTAN et au droit international de régler ce contentieux de délimitations d’eaux territoriales.

L’OTAN, parce que tous les protagonistes de cette affaire, en sont membres et qui confirme par son incapacité, la prédiction du général Desportes, il y a cinq mois, annonçant que l’Organisation n’était plus une protection pour la France et l’UE mais une menace ! La Syrie et la Libye n’en sont-elles pas la preuve pour ceux qui en douteraient encore ?

Quant à Donald Trump, qui n’a pas eu que de mauvaises intuitions, mais dont il n’y a plus rien à attendre sinon le pire, son « silence assourdissant » sur le sujet est, à nouveau, la marque que l’Europe ne doit compter que sur elle-même pour sa sécurité.

La Méditerranée, avec ses 23 Etats et ses 46000 kilomètres de côtes qui la bordent, ses 105 îles est un enjeu stratégique majeur pour l’Europe, pour la France.

Emmanuel Macron a compris, après l’épisode libyen, que les médiations avaient peu de chance de faire plier le « Docteur Folamour turc », qu’Erdogan ne comprenant que la force, il convient de la lui opposer sous peine du pire.

Espérons que l’air de la Corse inspirera les partenaires de notre belle Méditerranée…

 

 

Michel Taube et Michel Scarbonchi

 

 

 

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Ancien député européen

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