Edito
06H43 - mercredi 17 juin 2020

Notre appel du 18 juin : halte à la chienlit ! L’édito de Michel Taube

 

Nous voici de retour aux heures sombres des violences urbaines des gilets jaunes ?

À l’occasion de la manifestation pacifique des personnels soignants dans le 7ème arrondissement de Paris, -ils étaient aussi très nombreux dans plusieurs villes de France-, les blacks-blocs, qui désormais ne se différencient plus des ultras (gilets) jaunes (au mieux, ces derniers leur servent complaisamment de boucliers), ont repris leur litanie de la violence et de la destruction. Cet après-midi, les casseurs habituels ont été rejoints par quelques indigénistes revêtus de tee-shirts réclamant « justice pour Adama Traoré ». Parmi eux, la fausse madone de l’antiracisme autoproclamé : Assa Traoré en personne, prise en photo au milieu de quelques soignants, idiots utiles d’une cause pervertie par la haine de la République. La convergence des haines, disions-nous hier.

La convergence du désordre et de la chienlit aussi, un terme cher au Général de Gaulle dont nous nous apprêtons à célébrer l’appel du 18 juin demain.

À Dijon, la guérilla armée entre des Tchéchènes et les jeunes (ah bon, ils sont tous comme ça les jeunes ?) des cités sévit devant le regard ébahi des forces (quelles forces ?) du désordre et d’un maire qui a laissé se développer les territoires perdus de la République, déclinaison ultime d’un multiculturalisme qui considère l’assimilation comme une atteinte aux droits de l’homme.

Il n’y a pas qu’à l’extrême droite et à l’extrême-gauche que l’on s’interroge sur les causes de la pérennité des violences urbaines par les blacks-blocs. Cela ne remonte ni à aux gilets jaunes ni à l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Déjà sous François Hollande, le dernier défilé du 1er mai de son mandat avait été infiltré par ces individus dont le pouvoir semble ignorer sa couleur politique.

D’ailleurs en a-t-il une ? Détruire, est-ce un programme politique ? Au début du mouvement des gilets jaunes, on soupçonnait les blacks-blocs d’être principalement d’extrême droite. On peut en douter, non pas seulement parce que Marine Le Pen a toujours, certes par opportunisme, condamné ces exactions, mais aussi parce que le Front national peut aujourd’hui se contenter d’assister aux déboires de la macronie et aux poussées urbaines islamo-gauchistes, et s’en délecter. Le fruit risque de tomber tout seul, et en mai 2022, si le régime tient jusqu’à là, le réveil risque d’être douloureux.

Rapidement, il est apparu que les blacks-blocs étaient plutôt des anarchistes d’extrême gauche, anti systèmes et anti-capitalistes. Ils furent ouvertement soutenus par Olivier Besancenot, qui évoquait les Red blocs, et par Jean-Luc Mélenchon, qui se félicitait de cette insurrection, et témoignait son admiration pour Éric Drouet, un grand penseur du mouvement jaune qui rêvait de prendre l’Élysée (et sans doute de guillotiner Macron, ce qu’approuverait peut-être Mélenchon, également admirateur de Robespierre, tueur en série de la Révolution française et pourtant grand abolitionniste théorique).

Personne n’arrive à comprendre pourquoi des milliers de policiers et gendarmes au look de RoboCop n’arrivent pas à empêcher quelques agitateurs de faire obstacle au droit légitime de manifester pacifiquement sur un parcours déclaré. Malgré la difficulté de la tâche que nous rabâchent les experts, on ne peut croire qu’il soit impossible de les appréhender pour les présenter à la justice, même si, comme nous l’avons déjà déploré, la justice fait montre d’une surprenante compréhension à l’égard d’individus qui y réfléchiraient à deux fois s’ils risquaient quelques années de prison pour destruction de biens privés et publics et surtout tentative de blesser voire de tuer des forces de l’ordre (un pavé dans la figure, vous avez une idée de ce que ça fait, Monsieur le Juge ?). La même remarque vaut pour les délinquants des cités, qui sévissent en toute impunité, et osent se plaindre de racisme au moindre contrôle d’identité.

L’opposition politique de gauchz, tout comme les manifestants, ont beau jeu de dénoncer les méchants policiers qui gazent des gentils gilets jaunes (il en reste), ou aujourd’hui des personnels soignants.

Pourtant, les casseurs s’abritent bien derrière eux. Il est donc exact qu’il est difficile de leur faire face sans dégâts collatéraux. Pourtant, lorsque la police demande aux manifestants d’évacuer les lieux, force est de reconnaître que tous n’obtempèrent pas. Un infirmier, si héroïque a-t-il été au plus fort de l’épidémie de Covid-19, est factuellement complice des casseurs s’il demeure parmi eux après un ordre d’évacuation. Si dans le feu de l’action, il est « gazé » ou même s’il est touché par un projectile ou matraqué, la faute n’en revient pas à la police. C’est lui qui commet une « bavure », en tout cas une faute lourde, dans l’art de manifester, pas le policier qui fait reculer une horde de malfaisants prêts à tout détruire et à le lyncher.

Les solutions existent : le renseignement intérieur, les caméras de surveillance éventuellement dotées de reconnaissance faciale, voire comportementale et gestuelle, les drones pour suivre les manifestants casqués, les contrôles de police renforcés à l’entrée des bouches de métro et des véhicules suspects pour repérer le « déguisement » et les armes par destination des casseurs… Si la police n’est pas capable d’arrêter les casseurs, même au milieu de manifestants auxquels ils servent sciemment de bouclier, en connaissance des risques, c’est que nous sommes en face d’un grave problème de gouvernance ou de compétences. Le soupçon d’une volonté des pouvoirs publics de laisser la chienlit s’installer est de plus en plus pesant.

Reste la justice, comme nous l’avons souligné et comme le soulignent régulièrement, et à juste titre, les représentants de la police. En attendant de construire des prisons (la crainte du Covid-19 en a vidé de nombreuses) ou de leur trouver des alternatives véritablement dissuasives, le minimum serait d’imposer à ces délinquants, certains criminels, des assignations à résidence absolument strictes et longues (les Français l’ont supporté pendant le confinement !), quitte à perdre leur emploi, précisément pour qu’ils mesurent les conséquences de leurs actes, alors que les juges font le contraire. Avec les millions de chômeurs qu’on nous annonce, ce ne sont pas eux qui méritent de travailler en priorité.

Nous ne sommes plus dans la lutte sociale, comme aux premiers temps des gilets jaunes, mais dans l’insurrection violente. La récession post-Covid sera plus rude en France que chez ses voisins. Elle ne peut se payer une nouvelle déstabilisation.

Si Emmanuel Macron ne le comprend pas, Le Pen en profitera. Pour le pire.

 

Michel Taube

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Directeur de la publication

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