Edito
07H25 - samedi 4 avril 2020

Olivier Véran : l’hirondelle ne fait pas le printemps mais elle peut donner des ailes pour préparer l’avenir. L’édito de Michel Taube

 

Tsunami sanitaire oblige, le premier toubib de France se devra d’être aussi le premier aide-soignant de France ! Son empathie naturelle l’y aidera.

Les proverbes sont parfois absurdes et avec Olivier Véran, on peut dire que l’habit fait le moine : le médécin de Genoble est entré dans le ministère de la Santé comme on entre dans un ordre, par vocation. Donné déjà comme ministre de la Santé en 2017, le plus proche conseiller santé du candidat Macron à la présidentielle attendait son heure. Elle est arrivée, au pire moment qui soit pour le pays, au meilleur pour dévoiler les potentialités d’un animal politique. C’est dans la guerre que se révèlent les caractères !

Olivier Véran, Grenoblois de souche, socialiste de famille, du moins autrefois, neurologue de métier, ancien syndicaliste santé, âgé de 40 ans, rapporteur général de la commission des Affaires sociales de 2017 à 2020, a donc été nommé le 16 février 2020 ministre des Solidarités et de la Santé en remplacement d’Agnès Buzyn (mal) partie à la conquête de Paris.

Prenant la tête des affaires de santé publique au moment même où éclate l’une des plus virulentes épidémies mondiales, dont on se plaît à répéter qu’elle marquera un tournant dans l’histoire de l’humanité, il va devoir faire la preuve de son intelligence et de sa réactivité au milieu de nombreux écueils.

On sent l’homme sensible, sincère, bienveillant et empathique, désireux de faire de la politique en sens noble du terme. Mais il appartient à un gouvernement, qui sous l’égide du Chef de l’État, grand patron de l’exécutif depuis les débuts de la Vème République et donc aussi super ministre de la santé, n’a pas toujours fait montre d’une grande transparence depuis le début de la pandémie, surtout avant qu’elle atteigne la France. Olivier Véran a peut-être cette chance de ne pas avoir été aux affaires lorsque sa prédécesseure Agnès Buzyn a soutenu, – le syndrome du mensonge d’État du nuage radioactif de Tchernobyl souffle encore sur la haute administration française -, que le Covid-19 ne voudrait jamais de nous, et que s’il avait l’imprudence de venir nous chatouiller, notre système de santé le terrasserait sans coup férir.

Olivier Véran, sous des allures de bonhommie, est un fin politique qui sait avaler des couleuvres quand la fonction l’exige. Quand l’Élysée et Matignon décidèrent de nier l’utilité des masques et des tests pour minimiser l’incapacité de l’État de pallier à leur pénurie, Olivier Véran n’a pas eu d’autre choix que d’avaler la pilule (et la faire avaler au Français).

Il se dit aussi que, pendant cette semaine décisive du 10 mars, Olivier Véran a défendu le report du premier tour de l’élection municipale. On connaît la suite et la conclusion inverse qu’en a tirée le chef de l’Etat dans son discours du 12 mars.

Etre ministre depuis moins de deux mois ne permettra pas comme par enchantement de lever l’extraordinaire bureaucratie qui pèse sur l’administration, celle de la santé en particulier. Qui a déjà travaillé dans ou pour un hôpital public sait que pour y commander un stylo ou un bloc-notes, il faut recueillir la signature de plusieurs cadres et faire montre de beaucoup de patience. Dans ces conditions, si l’hôpital, par ailleurs très malade depuis longtemps, a pu prendre le taureau Covid-19 par les cornes, c’est grâce largement au système D, aux compétences des médecins et personnels soignants du système sanitaire. On ne remerciera jamais assez les personnels hospitaliers, en particulier les soignants.

Ceci dit, le chef de l’orchestre sanitaire qu’est Olivier Véran s’évertue jour après jour à secouer les lourdes machines bureaucratiques que sont les ARS, les agences régionales de santé, dont il faudra aussi, le moment voulu, dresser le bilan.

Avec une irruption fulgurante dans les sondages de notre Monsieur Santé, le couple présidentiel formé par Edouard Philippe et Emmanuel Macron devient désormais un trio exécutif face à la crise du coronavirus avec Olivier Véran à leur côté !

Nous en sommes convaincu : le nouveau chéri des Français sondés saura conserver en lui l’humilité qu’il invoque dans chacune de ses interventions car cette vertu, ce n’est plus la fonction qui l’exige, c’est le coronavirus qui nous l’impose !

Espérons aussi et surtout qu’Olivier Véran saura peser  pour que le pouvoir écoute davantage le bon sens des Français qui leur dit, avec le directeur général de l’OMS : des masques et des tests !

 

Michel Taube

La petite histoire veut que nous ayons rencontré Olivier Véran lors de la première visite d’Etat d’Emmanuel Macron en Chine en janvier 2018. A Pékin puis au CEIBS à Shanghaï [notre photo], dans l’une des plus grandes Ecoles de commerce chinoises, le député avait ravi ses hôtes en insistant sur l’importance des relations entre nos deux pays en matière de recherche médicale et scientifique.

Directeur de la publication

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