Edito
09H33 - jeudi 19 mars 2020

Le Covid-19 plus fort que la Cop21 ! L’édito de Michel Taube

 

Si les Terriens souffrent, la Terre, elle, souffle !

Remontons le temps : Paris, mardi 17 mars 2020, 16h. Les rues sont désertes. Avant l’heure fatidique de midi, à laquelle débuta le quasi confinement de la population, les Parisiens qui le pouvaient s’étaient rués vers la province pour y vivre leurs quinze premiers jours de purgatoire : maison de campagne pour les plus fortunés, maison familiale, souvent celle des parents pour les autres. Peu importe s’ils ont ainsi participé à la dissémination du Covid-19 là où il n’avait pas encore choisi de s’y installer, ou si peu.

En revanche, ceux qui sont demeurés « enfermés » dans la capitale leur sont reconnaissants de ce peu de civisme et de considération pour les provinciaux, souvent leurs proches, qu’ils vont ainsi contaminer : ce sera toujours autant de moins pour faire la razzia sur le papier de toilettes et les pâtes dans « nos » supermarchés, après trois heures de queue avant l’ouverture des portes. Et autant de personnes de moins à encombrer les hôpitaux de la capitale quand poumons et bronches le seront par des régiments de bestioles couronnées qui veulent nous pomper l’air.

Paris est donc calme depuis mardi 17 à midi. La France est calme. Sauf sur des marchés comme à Barbès dans le nord de Paris où la foule – presque – des grands jours vaque à ses courses en violation totale des consignes officielles et des impératifs de santé publique ! Que fait la police ?

La France tourne donc au ralenti ; l’Europe tourne au ralenti ; le monde tourne au ralenti. Enfin presque, car en Syrie et dans quelques endroits, les balles, les bombes et les mortiers tuent encore plus que le Covid-19. À quand un vaccin contre les Erdogan et autre Hassad… ?

Dans les airs, le calme s’installe également. Air France a annoncé que 90 % de ses avions resteront cloués au sol. La terre respire. Un complot des écolos, sans doute. Il faut dire que la thématique complotiste tente de se répandre sur les réseaux sociaux : les Américains accusent les Chinois, les Chinois accusent évidemment les Américains, les islamistes accusent les juifs (eux, quand on parle de complot, ça fait deux mille ans qu’on ne les loupe pas). Tiens, voilà aussi que des Français accusent l’Institut Pasteur et la France d’avoir disséminé le virus : gros succès sur Facebook, au point que le prestigieux Institut a dû publier un communiqué de démenti.

Complot ou vengeance de la nature peut-être surtout. De tout temps, les épidémies ont régulé la (sur)population. Les épidémies et les guerres (nous sommes en guerre, a dit notre chef des Armées), sauf que nucléarisés comme nous le sommes, on ne peut même plus se faire la guerre sur notre sol, sans prendre le risque de tout (et tous) casser. Petit calcul très très approximatif : 50 % de la population mondiale touchée par le coronavirus avec 1% de mortalité = 35 millions de morts. Franchement, sur 7 milliards de terriens, ça fait pas lourd. Petit joueur, ce coronavirus ! La nature devra trouver mieux la prochaine fois pour faire de la place sur la planète.

En revanche, alors que les terriens souffrent, la terre souffle. La pollution atmosphérique va connaître un ralentissement de sa croissance, plus qu’une récession (ça, c’est pour l’économie). Mais elle va repartir. En Chine, elle repart déjà. Normal : même les communistes sont capitalistes. Eux peut-être plus que les autres.

Mais ne faisons pas la fine bouche : le Covid-19 est plus fort que la Cop21 ! Avouez que personne n’y avait pensé pour réduire les émissions de CO2 et freiner, pour quelques semaines (mois, années ?) le réchauffement climatique. Greta Thunberg va se faire un tour de reins à force de génuflexions pour remercier le Dieu vert (pas celui d’une boîte de crédit à la conso qui lui, fait plutôt la gueule). La providence aurait-elle frappé pour le bien de la planète ?

Peut-être que les enseignements de cette terrible crise ne seront pas passagers, qu’il y aura, comme tous les disent, un avant et un après Covid-19, et qu’on arrêtera de faire fabriquer en Chine et ailleurs tous nos ordinateurs, nos smartphones, nos téléviseurs, nos machines à laver, nos meubles, nos fringues, nos médicaments, nos… Tant de choses, en fait ! Et aussi qu’on peut très bien vivre en savourant les fruits et légumes de saison en se retenant enfin de manger des fraises insipides en février, qui ont parcouru la moitié de la planète.

Même les plus fervents écolos ne pousseront pas le bouchon de solution hydroalcoolique jusqu’à se réjouir de cette pandémie (encore que…). Mais si le naturel mercantiliste et consumériste ne revient pas au galop quand Corona s’endormira, peut-être qu’il faudra le remercier pour avoir mis les brebis égarées que nous sommes sur le chemin d’une plus grande sagesse.

Il faut y croire, en tout cas !

 

Michel Taube

 

Directeur de la publication

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