Edito
07H57 - mercredi 22 janvier 2020

Pourquoi Franck Jouanno de la CGT Énergie n’est-il pas poursuivi ? L’édito de Michel Taube

 

Au micro de RMC hier et sur France Info ce matin, Franck Jouanno, secrétaire de la CGT Énergie du Val-de-Marne se réjouissait donc : on veut « marquer les esprits, avoir un impact sur l’économie et surtout se faire entendre ». Avant d’ajouter « Ce n’est pas non plus la fin du monde d’avoir une coupure, en général ça ne dure pas plus que la matinée ». Et de conclure : « Si nous ne montons pas d’un cran, en gros le blocage de l’économie, nous n’y arriverons pas ».

Quand donc Philippe Martinez prendra les mesures nécessaires pour que sa centrale arrête de  recourir à des pratiques qui sont certes spectaculaires et médiatiques mais qui, plutôt que d’être innovantes, sont surtout illégales ?

A la CGT, Philippe Martinez et les siens doivent se dire : « les chiens aboient, la caravane passent ». Mais ce faisant, avec les coupures de courant, les envahissements de locaux de leurs « camarades de lutte » de la CFDT, les violences sporadiques de plus en plus répétées, on peut le dire : la CGT change d’objet social. Bloquer intentionnellement le pays pour se faire entendre, ce n’est pas défendre les salariés, c’est briser la branche sur laquelle ils sont assis et couper les racines qui leur ont permis d’exister.

Il y a quelques semaines déjà, la CGT se vantait de couper le courant. Uniquement aux riches bien sûr, ces salauds du CAC 40 en particulier. Des hôpitaux ont été affectés ? Pas grave. Philippe Martinez assume, approuve, minimise et encourage.

Hier matin, la CGT Énergie revendiquait donc une importante coupure d’électricité à Rungis, impactant 30.000 foyers, l’aéroport d’Orly et le Marché international de Rungis. Coupable de quoi ? De ne pas souhaiter abattre Macron et la démocratie ? De ne pas soutenir la défense des régimes spéciaux ? Les voilà à nouveau punis : plongés dans le noir, bloqués dans un ascenseur, privés de transport en commun (encore !), sans parler des malades, des enfants, des petits commerces déjà gravement impactés par des grèves interminables, des salariés au chômage technique, voire au chômage tout court après la faillite de leur employeur… 

La centrale de Grand’Maison, en Isère, la plus grande usine hydro-électrique de France, a été mise à l’arrêt depuis hier protester contre la réforme des retraites par des cégétistes.

La CGT, en perte de vitesse dans les élections syndicales, et qui ne représente qu’elle-même, veut faire croire que les Français sont hostiles à tous les volets de la réforme des retraites et qu’ils partagent sa ligne jusqu’auboutiste. Voyant que le mensonge ne prend plus, elle choisit la fuite en avant : actes de sabotage, entraves au travail et à la liberté de circulation… Autant de faits réprimés par le Code pénal (jusqu’à trois ans de prison pour la seule atteinte à la liberté de travailler).

Dans une démocratie, où la raison du plus nuisible ne saurait être la meilleure, dans un État de droit qui doit protéger ses citoyens, la réponse des pouvoirs publics doit être d’un autre acabit que les seules indignations du ministre du logement Julien Denormandie sur BFMTV : « C’est scandaleux, c’est irresponsable… il faut mettre fin à ces actions ». 

ENEDIS prévoirait de déposer plainte. Une plaisanterie ! Alors que les délits sus mentionnés ne sont pas sanctionnés, ce n’est pas la petite contravention de 5ème catégorie visée à l’article R323-37 du Code pénal qui va dissuader les auteurs des coupures d’électricité. Il y en aura d’autres, jusqu’au jour où malheur arrivera. Mais Philippe Martinez se fendra d’un « c’est la faute du gouvernement ».

Jean-Luc Mélenchon a encore appelé ces jours-ci à l’insurrection dite « citoyenne mais pacifique » et Olivier Besancenot appelait à la constitution de « Red blocs » le 1er mai 2019 pendant la crise des gilets jaunes. On peut se demander à quel jeu dangereux joue l’extrême gauche politique et syndicale.

En attendant, Philippe Martinez serait inspiré de procéder à des sanctions à l’égard de responsables syndicaux comme Franck Jouanno qui violent impunément la loi et entachent durablement le crédit, déjà fort diminué par manque de représentativité et par excès d’idéologisme (ils rêvent d’une société néo marxiste contre notre démocratie libérale) à mille lieux des intérêts corporatistes qu’ils sont censés défendre, des syndicats français.

Edouard Philippe a raison de piquer une colère à l’Assemblée Nationale. Mais quelles mesures concrètes ont été prises depuis hier pour poursuivre ces faits délictueux ?

Et pendant ce temps, Marine Le Pen compte les points et se frotte les mains…

Michel Taube

Directeur de la publication

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