Edito
23H39 - mercredi 11 décembre 2019

Retraites, etc. Une colère française. 3. L’espoir, l’édito de Michel Taube

 

Dernier édito d’une trilogie française : la haine, le déclin, l’espoir.

 

Les annonces d’Edouard Philippe, tant attendues, font-elles renaître l’espoir ? A en croire les syndicats, même progressistes, l’heure n’est pas à l’entente cordiale. Et pourtant, de la haine au déclin, il ne faudrait pas grand chose pour raviver l’espoir…

Après une brève euphorie ayant suivi l’élection d’Emmanuel Macron (le Kennedy français ?) à la présidence de la République, la France a repris la voie d’un pessimisme quasi dépressif, de l’agressivité parfois violente qui sécrète une haine de plus en plus palpable (voir l’édito 1), annonçant l’avènement possible d’un populisme d’extrême droite, éventuellement avec l’appui de l’extrême gauche. À entendre les Français, même ceux qui cumulent les avantages, comme les grévistes de la RATP et de la SNCF, la France serait un pays de pauvres (voir édito 2) exploités par le grand capital et le gouvernement à sa solde.

Si ce tableau est un tantinet caricatural, il reflète quelques vérités et renvoie de la France une image peu glorieuse. Le souligner ne procède pas, ici, de l’autoflagellation, mais au contraire, de l’envie amicale et symbolique de donner un coup de pied aux fesses (certes, la loi l’interdit désormais sur les enfants !) d’un peuple français, dont l’Histoire a prouvé à quel point il pouvait rapidement basculer du meilleur au pire et vice versa.

Français, vous n’aimez plus Macron ? Mais dans une démocratie, nous avons les dirigeants que nous méritons. Franchement, croyez-vous qu’ils aient mieux ailleurs ?! Comme disait Kennedy (le vrai), plutôt que de demander sans cesse ce que notre pays peut faire pour nous, peut-être devrions-nous nous interroger sur ce que nous pouvons faire pour lui. Maintenir les régimes spéciaux, répondrait Martinez ! Nous voilà bien avancés.

Français, sommes-nous conscients de notre chance ? Ce n’est pas faire offense aux autres que de souligner (eux le font d’ailleurs pour nous) que la France offre à l’échelle d’un pays ce qui nécessite un continent ailleurs.

Nous savons, nous Français, que nous avons le second espace maritime du monde, plusieurs massifs montagneux, des régions riches et magnifiques, un climat (encore) tempéré, une grande capitale internationale, la meilleure cuisine du monde, un brassage culturel si complexe que nous ne savons même plus si nous sommes gaulois (pas tant que ça, en réalité), francs (dont un peu germain, Charlemagne étant une superstar franco-allemande), méditerranéens, celtes, etc.

Doit-on continuer ? L’empire du luxe et des grands vins, les inventeurs du minitel (internet n’est-il pas un minitel en couleurs ?), du TGV, du Concorde et de l’A380 (ça, faut pas trop en parler ? D’accord). Et la Corse, la Corse, la diversité d’un continent dans une seule région (je sais, ils préfèrent qu’on parle d’un « pays »). Françaises et Français, chers compatriotes, savez-vous à quels points nos visiteurs nous envient. Les trop sérieux du nord, les pas assez sérieux du sud. Ici, c’est juste ce qu’il faut (pensent-ils). Le Français aime la vie, l’amour, la fête.

Français, allez voir ailleurs, et vous vous détesterez moins, vous vous sentirez moins miséreux. Moins haineux.

Nous avons tant d’atouts. Pourquoi ne sommes-nous pas le phare, au moins de l’Europe ? On dit que, contrairement aux Allemands avec lesquels on se compare toujours, on refuse la réforme et on ne fonctionne que par à-coups, par crises, par révolutions, grandes (1789) ou petites (mai 68, Gilets jaunes…). Avec quelques effondrements au passage comme en 1780 et surtout en 1940.

Le Français est parfois l’imbécile qui regarde le doigt quand on lui montre la lune. C’est l’illusion que Philippe Martinez, et peut-être désormais aussi Laurent Berger, est en train de lui vendre…

Pour l’heure, il faut réformer les retraites, car le système fera faillite si on ne le fait pas, et si on ne décale pas l’âge de sortie de la vie active. Mais le Français refuse de voir et de comprendre cette perspective. Faut-il travailler plus ? Non ! En Suisse (où, il est vrai, le pouvoir d’achat est significativement plus élevé) les citoyens sont capables de rejeter par référendum une baisse des impôts ou au contraire de voter pour leur augmentation s’ils en perçoivent la finalité et le bien-fondé. En France, la démocratie directe (à coup de RIC) ne conduirait qu’au chaos suivi de la dictature.

Français, soyons un peu Suisses ! Empruntons-leur un peu de bon sens, de rationalité, de pragmatisme, de sens de l’intérêt général (le vrai, pas celui que prétendent défendre les ayatollahs des régimes spéciaux).

Nous aimons la France qui gagne, qui relève les plus grands challenges, qui est admirée pour sa réussite, laquelle n’a de sens que si elle bénéficie à tous. Rappelons-nous la dernière coupe du monde de football. Après les premiers matchs, on n’était pas loin de souhaiter l’élimination de notre propre équipe pour que Zidane devienne sélectionneur. Et qui est devenu champion du monde quinze jours plus tard ? Didier Deschamps président ? Hum… Peut-être pas ! Laissons donc Macron faire son job, surtout s’il applique ce qu’il a promis (la réforme des retraites !).

C’est vrai de n’importe quel président (hors gaucho-facho, bien sûr). Retrouvons confiance en nous. Nous sommes les meilleurs, quand nous le voulons !

Certes, un problème de leadership se pose. Peut-être que les élites françaises doivent-elles se renouveler profondément pour que cette force française rejaillisse sur le génie français. Espérons.

Espoir plutôt que haine, pour échapper au déclin…

 

Michel Taube

 

 

 

Directeur de la publication

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