Edito
France
13H43 - mercredi 12 décembre 2018

En attendant demain, solidarité avec Strasbourg. L’édito de Michel Taube

 

La terreur est de retour en France et en Europe. Mais nous a-t-elle jamais quittés ? 

Avec Strasbourg, capitale européenne des droits de l’homme, siège du Parlement Européen qui s’y réunit cette semaine, mais aussi la capitale de la joie avec le Marché de Noël, – le plus fréquenté d’Europe -, nous sommes en deuil.

Nous saluons le sang froid des Alsaciens qui, cette nuit, comme le soulignait le député de Neudorf, Sylvain Waserman, ont fait preuve de dignité et de solidarité.

Nous nous joignons à la journée de deuil décrétée par le Maire de Strasbourg, Roland Ries, qui a fait ouvrir un cahier de condoléances.

Mais il nous faut déjà nous projeter demain…

Nous saluons les commerçants, les forains, les exposants qui font vivre le Marché de Noël et qui espèrent que, dès le deuil passé, ils pourront reprendre leur activité. Car la terreur ne peut prendre le pas sur notre liberté, sur notre mode de vie, sur nos valeurs.

Nous disons aux gilets jaunes que ce qui se passe à Strasbourg n’est évidemment pas un complot pour détourner l’attention des médias et de l’opinion de leur juste cause. La question sociale est avec le terrorisme (les deux pouvant parfois interagir) LA clé de notre avenir.

Nous redisons ce que nous n’arrêtons pas de plaider depuis des années : le politique doit nommer les choses, le plus vite possible. C’est une faute politique que le ministre de l’intérieur, à deux reprises cette nuit, ait dit que le criminel poursuivi était « un fichier S pour faits de droits de commun ». Non, Monsieur Castaner, c’est parce qu’il s’est radicalisé en prison que le suspect a été fiché S. Vous auriez pu le dire, non ? Sans parler de son mode opératoire qui est une signature terroriste… Voilà cinq ans que l’on sait que les terroristes, ceux qui passent à l’acte, sont des délinquants ET des idéologues embrigadés. A Toulouse, à Paris, à Nice, à Strasbourg hier.

Mais tout ceci est pour demain…

Et en attendant demain, nous sommes tous Strasbourgeois…

Michel Taube

Directeur de la publication