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08H59 - mardi 19 janvier 2016

La République numérique ?

mardi 19 janvier 2016 - 08H59

Alors que débute, ce mardi 19 janvier 2016 à l’Assemblée nationale, l’examen en première lecture des discussions autour du nouveau projet de loi « pour une République numérique », les initiatives citoyennes sur Internet se multiplient et grandissent à une vitesse exponentielle. Après avoir révolutionné, un à un, tous les domaines marchands (finance, musique, vidéo, médias, etc.) le numérique s’attaque maintenant à la république et au fonctionnement de ses institutions avec l’avènement annoncé des « Civic Tech » en 2016.

 

VISUEL pour l'Article REPUBLIQUE NUMERIQUE. lafranceavance_hd

 

Le projet de loi « pour une république numérique » défendu par Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du numérique à partir de ce mardi 19 janvier, est à lui seul un signal extrêmement fort, à la fois de la réalité du sujet mais aussi de l’importance que le numérique est en train de prendre dans nos vies. Ce nouveau texte de loi, qui promet de beaux débats en perspective, est organisé autour de trois grands chapitres pour favoriser en France : la circulation des données et du savoir, la protection des individus dans la société numérique et l’accès pour tous au numérique. Le projet est ambitieux et devra être mis en œuvre rapidement pour qu’un effet se fasse sentir d’ici la fin du mandat du gouvernement actuel. Mais nous en saurons un peu plus d’ici quelques jours, à suivre…

 

Les citoyens s’organisent, décidés à agir

Dans cette attente, il est intéressant de regarder d’un peu plus près ce que les nouvelles initiatives citoyennes, qui éclosent un peu partout sur le web, ont à proposer. D’abord, les plus importantes au niveau international comme Avaaz ou Change.org qui ont connu un succès et une croissance incroyables en seulement quelques années, mais aussi de plus petites, en France, comme Laprimaire.org ou Vox.org qui se sont très rapidement faites remarquées.

Avaaz pour commencer, dont le slogan « Le monde en action » résume bien la philosophie. Ce réseau, fondé en 2007 et qui se présente comme un « mouvement démocratique supranational », réunit début 2016 plus de 42 millions membres répartis dans 194 pays. L’équipe dirigeante déclare sur son site : « donner les moyens aux citoyens du monde entier de se mobiliser sur diverses questions internationales », comme le changement climatique, les droits de l’homme, la corruption… Décrié par certains comme « le roi de la pétition en ligne », Avaaz a pourtant prouvé depuis plusieurs années que les actions en ligne peuvent rapidement se transformer en actions de terrain efficaces et mobiliser les masses comme par exemple avec la « marche pour le climat », co-organisée avec un certain nombre d’autres associations en septembre 2014 et qui a rassemblé des centaines de milliers de participants dans la rue aux États-Unis et dans des centaines de pays à travers le monde. Leurs victoires sont déjà nombreuses et leur influence n’est plus à démontrer.

Campagne d’affichage « Avaaz : Wanted » à Paris pendant la COP21 (Novembre 2015)

Campagne d’affichage « Avaaz : Wanted » à Paris pendant la COP21 (Novembre 2015)

 

 

Également créé en 2007 aux États-Unis, le site Change.org, qui se définit comme « La plateforme mondiale pour le changement », est peut-être un peu moins connu en France. Ce site revendique pourtant plus de 132 millions d’utilisateurs pour 15 975 victoires dans 196 pays à travers le globe. Et la version française de Change.org se prétend même premier site de pétition en France avec plus de 6 millions d’utilisateurs. Il y a un an, Change.org a par exemple permis que Lassana Bathily, héros de l’Hyper Cacher, obtienne la nationalité française. 43 000 pétitions ont été lancées sur la plateforme française depuis sa création en 2012.

Est-ce que le Web 2.0 peut bousculer les institutions françaises ?

C’est ce que se proposent de faire Thibauld Favre (entrepreneur) et David Guez (avocat) avec leur nouvelle plateforme participative : LaPrimaire.org, lancée en octobre 2015 et dont l’application mobile sort début 2016. Selon la présentation en ligne sur leur site : « LaPrimaire.org est une primaire ouverte, organisée pour permettre aux français de choisir librement, de manière transparente et démocratique, les candidats qu’ils souhaitent voir se présenter à l’élection présidentielle de 2017. Un processus de sélection des candidats a été spécifiquement mis au point pour permettre une primaire démocratique à laquelle toute personne peut se présenter et au sein de laquelle toutes les idées peuvent s’exprimer. »

 

primaire.org

 

L’objectif des deux fondateurs de LaPrimaire.org est de rassembler plus de 400 000 « internautes-électeurs ». Cela permettrait, selon eux, de faire émerger un candidat plus légitime que ceux issus des grandes formations politiques et au moins d’insuffler un nouvel élan démocratique et redynamiser le débat politique en laissant s’exprimer librement les idées et les propositions venues d’en bas. Question neutralité, toutes les précautions semblent avoir été prises. Le projet est organisé de manière bénévole par des citoyens indépendants des partis politiques, et l’opération financée par crowdfunding. Enfin, pour éviter toute manipulation politique, les deux fondateurs assurent que la primaire n’aura pas lieu si moins de 100 000 citoyens sont inscrits au moment du vote. LaPrimaire.org se propose enfin d’accompagner et assister le candidat vainqueur de la primaire ouverte pour sa campagne présidentielle, notamment dans sa recherche des 500 parrainages nécessaires à la validation de sa candidature, de créer son parti politique (association Loi 1901) et d’organiser sa campagne de financement.

De nombreuses initiatives citoyennes portées par des Français et Françaises voient le jour actuellement sur le web comme #MaVoix, qui ambitionne d’organiser la démocratie directe en donnant aux électeurs un contrôle sur le vote de leur député, ou encore le très remarqué Voxe.org qui veut offrir aux citoyens les moyens de comparer les programmes électoraux. Ce site est arrivé en finale de la dernière édition du Google Impact Challenges, un concours au sous-titre évocateur (Google, moteur de réussite pour les associations), organisé à coup de centaines de milliers d’euros de soutiens en dotation pour encourager les start-up à vocation sociale ou citoyenne. À suivre donc….

Pierre est un spécialiste des médias et des nouveaux canaux de diffusion numérique

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