Amériques Latines
15H53 - mardi 8 septembre 2015

Une semaine en Amérique latine (du 30 août au 6 septembre)

mardi 8 septembre 2015 - 15H53

Brésil : Dilma Rousseff dans la tourmente alors que le pays traverse une crise économique et budgétaire

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/08/31/dilma-rousseff-sans-boussole-face-a-la-crise-qui-secoue-le-bresil_4741058_3222.html

Dilma Rousseff dans le Palacio de Alvorada Agência Brasil

Dilma Rousseff dans le Palacio de Alvorada
Agência Brasil

Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, est en pleine tourmente face à la crise budgétaire et économique que traverse son pays.

Confrontée à une large désapprobation non seulement au sein de son parti le PT (parti des travailleurs) où d’anciens alliés politiques l’ont lâchée, mais aussi au sein des milieux d’affaire et des citoyens brésiliens, conservateurs et déçus par le PT, Mme Rousseff n’a plus beaucoup de marge de manœuvre.

Selon des informations publiées vendredi 28 août par l’Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE), le lendemain de l’entrée du Brésil en récession, le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 1,9 % au deuxième trimestre après avoir cédé 0,7 % trois mois plus tôt. Cela n’était pas arrivé depuis six ans.

De plus, Dilma Rousseff a dû renoncer à l’une de ses propositions visant à réduire le déficit sans couper dans les dépenses sociales. Cette dernière avait pour but de ressusciter une taxe créée dans les années 1990 et abandonnée en 2007, visant à ponctionner de 0,38 % les comptes en banque, lors de retraits. Cependant, cette proposition a suscité la colère des entrepreneurs et le Congrès brésilien lui-même était divisé sur la question.

Mme Rousseff a donc dû abandonner cette idée, trois jours après l’avoir proposée.

 

Colombie : un système illégal de surveillance pointé par une ONG

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/09/01/colombie-une-ong-denonce-un-vaste-systeme-illegal-de-surveillance_4742485_4408996.html

 

L’ONG londonienne Privacy International a publié lundi 31 août un rapport mettant en cause les Capture d’écran 2015-09-06 à 12.07.47services de renseignement colombiens.  Ceux-ci auraient en effet mis en place un système de surveillance illégal et outrepassé leurs prérogatives légales en matière d’espionnage.

Le rapport en question détaille que plusieurs systèmes de surveillance téléphonique et informatique auraient été mis en place. L’un d’eux, dénommé « Integrated Record System » a été mis en service dès 2005 et serait capable, selon les estimations de l’organisation non gouvernementale, d’intercepter quotidiennement cent millions de données d’appels téléphoniques et vingt millions de SMS.

Pour Privacy International, cette collecte de masse dépasse largement la surveillance ciblée que permet à l’heure actuelle la loi colombienne. L’ONG précise que l’Etat colombien utilise de manière illégale certains de ses programmes de surveillance officiels. Elle explique par ailleurs que le cadre légal des interceptions de communication est brouillé par le fait qu’une rivalité existe entre les diverses agences de renseignement du pays, mais aussi par la présence d’une culture d’espionnage bien ancrée dans l’administration du pays et des failles juridiques dans les textes de lois, récemment modifiés.

Enfin, Privacy International explique dans son rapport que la plupart des technologies utilisées pour cette surveillance viennent des Etats-Unis. L’ONG prépare un second rapport qui complétera la description du système de surveillance colombien.

 

Guatemala : le président Otto Perez Molina démissionne après sa levée dimmunité par le Parlement et après avoir été interdit de quitter le pays

http://www.lemonde.fr/international/article/2015/09/02/la-justice-interdit-au-president-du-guatemala-accuse-de-corruption-de-quitter-le-pays_4742931_3210.html

http://www.soy502.com/articulo/urgente-renuncia-presidente-guatemala

Otto Perez Molina au Forum Economique Mondial en 2013 - Crédits: Michael Wuertenberg

Otto Perez Molina au Forum Economique Mondial en 2013 – Crédits: Michael Wuertenberg

Mardi 1er septembre, la justice du Guatemala a interdit au président Otto Pérez Molina de quitter le pays, quelques heures après la levée historique de son immunité par le Parlement: celle-ci avait été décidée à l’unanimité par les 132 députés présents sur les 158 que compte l’assemblée. Cette annulation de son immunité ouvre la voie à des poursuites pour corruption.

Otto Pérez, 64 ans, général à la retraite, est au pouvoir depuis 2012. Il est accusé par le parquet et une commission de l’ONU contre l’impunité (Cicig) d’avoir été à la tête d’un système de corruption au sein des douanes, via lequel des fonctionnaires touchaient des pots-de-vin pour exonérer de taxes certaines importations. Son ancienne vice-présidente, Roxana Baldetti, qui a démissionné, est déjà en détention provisoire dans cette affaire.

Le lendemain, mercredi 2 septembre, Otto Pérez Molina a démissionné de la présidence de la république du Guatemala, via une lettre informant de cette décision signée le même jour à 19h et qui a été reçue par le Congrès à 23h.

Effet domino puisque cette démission intervient après celle de la vice-présidente Baldetti mais aussi après d’autres démissions de nombreux ministres du gouvernement. Ainsi, la ministre de l’Education, Cynthia del Águila, le ministre de l’Economie, Sergio de la Torre, le ministre de la Santé, Luis Enrique Monterroso et le ministre des Finances, Dorval Carías, ont tous présenté leur lettre de démission. Le commissaire présidentiel pour la compétitivité, Juan Carlos Paiz, a également démissionné et les ministères de l’Agriculture et celui de la Communication sont désormais vacants.

 

Argentine : la Banque centrale dArgentine obtient gain de cause face à deux fonds américains

http://www.rfi.fr/ameriques/20150901-argentine-gagne-appel-contre-fonds-vautours

Siège de la banque centrale d’Argentine à Buenos Aires - Crédits: Ben Lopatin / CC Flickr

Siège de la Banque centrale d’Argentine à Buenos Aires – Crédits: Ben Lopatin / CC Flickr

Lundi 31 août, la Cour d’appel de Manhattan a donné gain de cause à la  Banque centrale d’Argentine contre deux fonds américains, NML Capital et Aurelius, qui avaient racheté à bas prix une partie de la dette argentine, après la faillite du pays en 2001, et qui exigeaient d’être remboursés. La Cour d’appel a estimé que les actifs de la Banque centrale que détiennent ces fonds «vautours» ne pouvaient être saisis.

En 2005 et 2010, l’Argentine a restructuré sa dette et la majorité de ses créanciers ont accepté l’offre de remboursement partiel de Buenos Aires. NML Capital et Aurelius l’avaient refusée et réclamaient donc un remboursement total, en plus des intérêts.

En septembre 2013, une première décision de justice avait été rendue en leur faveur  par le juge américain Thomas Griesa. Ce dernier avait reconnu des exceptions à la clause d’immunité souveraine protégeant  à l’international les Etats souverains de la saisie de biens, une clause invoquée par l’Argentine dans cette affaire.

A défaut de remboursement, ces fonds, qualifiés de « vautours » par le gouvernement argentin, pouvaient saisir des actifs de la Banque centrale détenus auprès d’institutions financières américaines.

 

Pérou : manifestations contre la venue de porte-avions états-uniens dans le pays

http://www.telesurtv.net/news/Protestas-en-Peru-contra-arribo-de-portaaviones-estadounidense-20150901-0014.html

Capture d’écran de www.telesurtv.net

Capture d’écran de www.telesurtv.net

Mardi 1er septembre, des organisations politiques et sociales péruviennes se sont mobilisées à Lima contre l’arrivée dans le pays, au port de Callao, de porte-avions états-uniens USS George Washington et leurs 3200 éléments militaires, censés rester six jours dans le pays.

« Ce qui sannonce, ce sera une sorte dopération dissimulée destinée à affirmer la présence nord-américaine, non seulement au Pérou, mais aussi en Amérique en général, dans un contexte dans lequel lEmpire états-unien cherche à changer par tous les moyens nécessaires la corrélation de forces dominantes dans la région », a déclaré l’ex-parlementaire Gustavo Espinoza, qui considère la manœuvre comme « une invasion militaire » de la part des Etats-Unis.

 

Le Pérou se prépare au retour du phénomène climatique dEl Niño

http://www.lemonde.fr/climat/video/2015/09/01/le-perou-se-prepare-au-retour-d-el-nino_4742467_1652612.html

Capture d’écran de www.lemonde.fr

Capture d’écran de www.lemonde.fr

Lundi 31 août, le Pérou a mené des entraînements nationaux en vue de l’arrivée du phénomène climatique El Niño sur ses côtes. Ce phénomène climatique, lié au réchauffement global du climat crée des ouragans particulièrement redoutables. Il est attendu cette année avec une forte ampleur.

Dans l’océan Pacifique, les anomalies de températures de l’eau sont au plus haut niveau depuis le record des années 1997-1998. Des analystes craignent d’ores et déjà que le prochain épisode d’El Niño soit le plus puissant depuis les années 1950 et les autorités péruviennes redoutent, quant à elles, que le phénomène soit particulièrement fort et dure jusqu’au printemps, sur la base des estimations du centre américain de prévision du climat.

 

LEquateur et la Suède négocient un accord de « coopération judiciaire » entre les deux pays sur le cas de Julian Assange

http://www.liberation.fr/monde/2015/08/31/assange-la-suede-et-l-equateur-negocient-un-accord_1372926

Julian Assange, en août 2014 - Crédits : Chancellerie de l’Equateur / Flickr

Julian Assange, en août 2014 – Crédits : Chancellerie de l’Equateur / Flickr

 

Lundi 31 août, des représentants suédois et équatoriens se sont réunis à Stockholm, en Suède, pour échanger sur un « accord général de coopération judiciaire entre les deux pays ». Cet accord pourrait notamment permettre au Parquet suédois d’interroger à Londres Julian Assange, le chef de file de Wikileaks, réfugié depuis 2012 dans l’ambassade d’Equateur à Londres. Il est soupçonné d’être impliqué dans une affaire de viol et d’agressions sexuelles présumées pour laquelle il se trouve sous mandat d’arrêt européen depuis bientôt cinq ans.

 

 

 

LALBA-TCP à la rescousse de la Dominique, après la tempête tropicale Erika

http://www.avn.info.ve/contenido/primer-cargamento-ayuda-humanitaria-del-alba-llegó-dominica

logo_alba_tcpDimanche 30 août, les pays membres de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique-Traité de Commerce des Peuples (ALBA-TCP), ont envoyé un avion avec le premier chargement d’aide humanitaire destiné à l’île de la Dominique, située dans l’archipel des Caraïbes et récemment affectée par la tempête tropicale Erika.

Parmi les fournitures envoyées par le Venezuela, pays membre de l’ALBA-TCP et dont le gouvernement a établi un pont aérien jusqu’à Roseau, capitale de la Dominique, se trouvent des médicaments de première nécessité, de la nourriture et de l’eau.

Le Venezuela a également envoyé un second convoi humanitaire composé d’un bateau vedette avec à son bord un groupe de médecins et des spécialistes de la Protection Civile, dans le but de réaliser le sauvetage et la localisation des personnes disparues.

 

Mexique : une fosse clandestine contenant une trentaine de corps retrouvée dans le nord du pays

http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201509/01/01-4897054-mexique-une-fosse-contenant-une-trentaine-de-corps-decouverte.php

Mardi 1er septembre, les autorités mexicaines ont annoncé la découverte d’une fosse clandestine qui pourrait contenir quelque 31 000 fragments d’os appartenant à au moins 31 corps, selon des militants des droits de l’homme.  

La fosse a été mise au jour dans un ranch de Salinas Victoria, ville située à environ 35 kilomètres de Monterrey, dans le nord-est du Mexique.

« Le ranch a été repéré grâce à des témoignages de criminels arrêtés, ainsi qu’à des informations fournies par des victimes et des investigations qui ont pu être menées » a affirmé à l’AFP Priscilla Rivas, porte-parole des autorités judiciaires de l’Etat du Nuevo Leon.

Les autorités continuent les recherches pour trouver d’éventuels autres restes et tenter d’identifier les victimes.

Les fragments d’os qui ont été découverts ont été envoyés à l’Hôpital universitaire de Monterrey où des tests ADN sont pratiqués.

Cette fosse commune pourrait avoir été créée par les cartels de la drogue qui ont l’habitude d’enterrer leurs victimes dans de telles fosses.

L’Etat du Nuevo Leon est le théâtre d’une lutte sanglante entre différents cartels qui cherchent à avoir la souveraineté sur le territoire depuis plusieurs années.

 

Claire Plisson