Edito / Editorial
Monde /
11H56 - lundi 3 juin 2013

Les femmes pour la paix en temps de guerre

lundi 3 juin 2013 - 11H56

Les 17 et 18 juin va avoir lieu le sommet du G8, ce rassemblement annuel des huit plus grandes puissances mondiales, présidé cette année par le Royaume-Uni. Cet événement a soulevé les espoirs de beaucoup sur les questions de paix et sécurité, avec au centre la situation des femmes.

Six Prix Nobel de la Paix réunies à Belfast pour une conférence contre le militarisme.

Six Prix Nobel de la Paix réunies à Belfast pour une conférence contre le militarisme du 28 au 30 mai dernier.

Les femmes, la population vulnérable

Car on le sait, les femmes sont affectées différemment par les conflits. Alors qu’elles combattent moins en tant que militaires que les hommes, elles subissent de plein fouet les dommages causés aux civils, qui en l’occurrence représentent aujourd’hui la majorité des pertes. Les femmes voient leurs revenus diminuer lors de la destruction par l’ennemi des infrastructures économiques du pays, ou des champs et élevages, où elles sont les principales travailleuses. Sans moyen de subvenir aux besoins de leur famille, les femmes en temps de guerre sont particulièrement vulnérables. Les violences basées sur le genre, notamment, sont monnaie courante. Il semble presque banal aujourd’hui de rapporter les viols commis, lors de conflits et guerres civiles, dans le but d’affaiblir le moral de l’ennemi. En outre, cela rend aisé une vision simpliste des femmes, celle de la femme comme victime, ignorant ainsi leur potentiel à amener la paix et reconstruire un pays.

 

Femmes victimes ou actrices de leur vie ?

La communauté internationale tente de réagir depuis plusieurs années déjà. En l’an 2000, l’ONU a adopté la Résolution, historique, 1325, qui reconnaît l’importance de la participation des femmes dans les instances de décision et de consolidation de la paix. Elle prend également note, officiellement, pour la première fois dans l’histoire, de l’impact particulier que peut avoir un conflit armé sur la situation des femmes. Elle appelle à la protection des femmes face aux violences basées sur le genre, accrues dans les pays déchirés par la guerre ; une question qui sera reprise en 2008 dans la résolution 1820 de manière plus élaborée. Mais les résolutions onusiennes sont peu mises en œuvre, car l’engagement politique n’est pas assez fort pour transformer les dires en faits.

 

Néanmoins, les acteurs internationaux font des efforts, sous la pression notamment d’une société civile internationale de plus en plus interconnectée et engagée à mettre un terme aux violations des droits humains. Ainsi, le 11 avril dernier, William Hague, le ministre des Affaires Etrangères britannique, a annoncé que lui et ses homologues du G8 s’étaient « engagés à travailler ensemble pour mettre fin à la violence sexuelle dans les conflits ».

Certaines personnes demandent encore davantage. Six femmes Prix Nobel de la paix se sont réunies du 28 au 30 mai dernier pour, justement, discuter de problèmes de guerre, de militarisme, de militarisation, et de femmes. Jody Williams, Shirin Ebadi, Rigoberta Menchú Tum, Leymah Gbowee, Tawakkol Karman et Mairead Maguire, « exhortent fortement les Etats du G8 à réduire leurs dépenses militaires » pour « rediriger l’investissement vers l’éducation, la formation et les services sociaux, qui amélioreront les moyens d’existence et adresseront les causes profondes de la violence. »

 

Opinion internationale publie aujourd’hui et jusqu’à la fin de la semaine un dossier consacré aux femmes en temps de guerre. Le but est de sensibiliser et d’informer sur la difficile situation des femmes dans différents pays en guerre, premier pas dans la lutte pour une meilleure protection des femmes et la prévention des conflits. Le premier volet de notre dossier se penche sur la République Démocratique du Congo, avant de se tourner vers l’Iraq et l’Afghanistan, la Syrie, la Libye et le Mali.

RDC: Goma, la triste capitale du viol

IRAK/AFGHANISTAN: Des guerres au nom de la libération des femmes, au résultat inverse

SYRIE: Fuir les combats armés pour faire face aux violences sexuelles dans les camps de réfugiés

MALI: Le conflit s’éternise mais les problèmes des femmes restent les mêmes

LIBYE: Les femmes font la guerre et en perdent leurs droits

Journaliste à Opinion Internationale et coordinatrice de la rubrique La Citoyenne.

Le vote utile

Appel au vote utile : un livre pour les indécis, les abstentionnistes et les perplexes… L’édito de Michel Taube
Michel Taube