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09H28 - mardi 29 mai 2012

Mexique : la liberté d’expression toujours attaquée avec l’assassinat de 6 journalistes en un mois

mardi 29 mai 2012 - 09H28

Six journalistes ont été assassinés en moins d’un mois au Mexique. « Cette nouvelle vague d’homicides devrait retentir comme une sonnette d’alarme pour les autorités mexicaines qui doivent faire davantage en vue de protéger les journalistes, en danger simplement parce qu’ils font leur travail » a déclaré Rupert Knox, chercheur sur le Mexique pour Amnesty International. Est-ce une question de capacité ou de volonté ? « Il est rare que les autorités identifient ou traduisent en justice les responsables d’attaques visant des journalistes, ce qui crée un climat de peur et de vulnérabilité parmi ceux qui ont encore assez de courage pour continuer à exercer leur profession. Il est essentiel que des enquêtes complètes et impartiales soient menées sans délai sur chacune de ces affaires, notamment en faisant usage des nouveaux pouvoirs fédéraux d’investigation, afin de garantir que les tueurs comparaissent devant les tribunaux. »
Le 18 mai, le corps de Marco Antonio Ávila García, 39 ans, reporter spécialisé dans les affaires criminelles, a été retrouvé dans un sac poubelle au bord d’une route dans l’État de la Sonora, dans le nord-ouest du pays. Un autre journaliste a été retrouvé étranglé, un troisième sans vie dans le coffre de sa voiture, une quatrième assassinée chez elle, la liste est longue. Trois photographes spécialisés dans l’actualité policière et criminelle, une correspondante qui enquêtait sur les réseaux criminels et la corruption dans le monde politique l’ont également payé de leur vie.
La lutte que mène le gouvernement contre les groupes criminels organisés a fait plus de 50 000 morts ces cinq dernières années. D’après la Commission nationale des droits humains du Mexique, 81 journalistes ont été tués dans le pays depuis 2000 et 14 ont « disparu ». Les responsables présumés n’ont quasiment jamais été traduits en justice.

Il est devenu tellement dangereux de pratiquer sérieusement le métier de journaliste au Mexique que certains titres de presse ont renoncé à couvrir l’actualité relative au crime organisé. La nouvelle loi sur la protection des défenseurs des droits humains et des journalistes adoptée par le parlement doit encore être ratifiée par le président mexicain. Mais, explique Rupert Knox, « cette nouvelle loi n’aura aucune valeur si elle ne s’accompagne pas d’efforts soutenus et concertés sur le terrain en vue de protéger les professionnels des médias et les défenseurs des droits humains, qui sont de plus en plus pris pour cibles au Mexique. »

F.C.