Afriques demain
09H45 - jeudi 9 avril 2020

Moi, Amelin Chrystel Basongisa, magistrat, confiné et menacé de mort sanitaire par les autorités congolaises

 

Amelin Chrystel BASONGISA, magistrat congolais, Conseiller à la Cour d’appel de Brazzaville, adresse cette lettre à l’opinion internationale.

Moi, Amelin Chrystel BASONGISA, magistrat, Conseiller à la Cour d’appel de Brazzaville,

ce jour mardi 7 Avril 2020, du fond de ma salle de confinement, à 03h42 mn, j’adresse cette Lettre d’indignation et surtout cette plainte pour mise en danger de ma vie par les services chargés de gérer le centre d’isolement des malades du Covid-19 au CHU de Brazzaville.

Mesdames et messieurs, trop c’est trop et je me refuse ce jour d’être complice de la dérive sanitaire bien organisée par les services du ministère de la santé de mon « beau pays ».

Alors que se passe t-il ? Je suis venu en consultation aux urgences du CHU de Brazzaville le dimanche 22 mars dernier à 9h, puisque je redoutais un palud. Malheureusement, je n’ai pas été consulté ce jour là : ayant séjourné en France au courant du mois de février, du coup, j’ai été considéré comme un élément à risque. J’ai donc aussitôt été dirigé vers le service d’isolement des malades Covid-19 au CHU. Je n’ai opposé aucun refus, puisque l’on me disait  qu’un test devrait être fait et qu’à la suite des résultats, le reste devrait être clair. Curieusement, je dis bien curieusement, je n’ai pas subi de prélèvement ce jour-là et on m’a obligé de prendre place dans une chambre de ce lieu d’isolement où il y avait déjà deux malades déclarés du Covid-19. Je ne pouvais plus sortir des lieux, puisque gardé par les services de police.

Première erreur.

C’est finalement le lundi à 18h20 que les services du laboratoire national débarquent pour me faire le fameux prélèvement afin de connaître mon statut, m’ayant entre temps laissé pendant quasiment une journée partager le même environnement avec « les deux malades déclarés positif au Coronavirus, dont le premier malade déclaré au Congo ».

Les résultats, jugés par  les médecins eux mêmes de positif deux jours après, m’ont valu donc d’être retenu dans ces lieux pour 14 jours afin de suivre le traitement y afférent. Sans rechigner, j’ai accepté de suivre ce traitement pendant deux semaines.

Ce traitement étant arrivé à terme et ne présentant aux dires des mêmes médecins plus aucun signe clinique d’un malade, j’aurai donc dû poursuive mon confinement à la maison. Or là où le bât blesse, aujourd’hui je refuse d’être témoin de la désorganisation des services du ministère de la santé : en effet, on continue à me garder dans ce centre jusqu’à cet instant où je vous écris (mardi 07 Avril à 04h02mn) dans le même endroit, me laissant encore partager le même environnement avec les nouveaux malades déclarés positifs au Covid-19.

Deuxième erreur !

Non ! Quelle est cette logique ? Où alors que me veut-on ?

J’ai donc ce jour (7 avril 2020) envoyé copie de ce courrier à mes mes avocats et donné plein pouvoirs au cabinet Thomas DJOLANY, au Cabinet Éric IBOUANGA, au cabinet Brudey, Ondzeil Gnelenga et au Cabinet NZIKOU Doctrove de tenir une conférence de presse ce jour pour informer l’opinion tant nationale et internationale de la mise en danger de ma vie par les services en charge de centre Covid-19 du CHU de Brazzaville. J’ai envoyé copie du même courrier à mon épouse se trouvant en France à qui j’ai aussi donné pouvoir de ventiler ce courrier aux niveaux de tous les médias ( RFI, BBC, sur les plateformes des réseaux sociaux et aussi d’envoyer une copie au niveau des institutions où mes enfants sont scolarisés en France).

Pour ce qui me concerne, refusant d’être complice de cette désorganisation créée par les services du Ministère de la santé, je donne pouvoir à mes avocats cités plus haut de déposer une plainte contre ces services pour mise en danger de ma vie et d’ores et déjà j’envoie une copie de ce courrier au Secrétaire Général du Gouvernement et au Ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement.

Pour le reste, je pense avoir été trop sali et qu’il est temps de retrouver mon honneur.

Fait à Brazzaville aux CHU, dans le centre d’isolement des malades du Covid-19.

Amelin Chrystel BASONGISA

 

 

 

 

 

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