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09H33 - mercredi 13 juillet 2016

Leçon 9: Museler la société civile

mercredi 13 juillet 2016 - 09H33

La nouvelle république inaugurée par Denis le liberticide ne compte pas laisser la société civile congolaise s’émanciper du joug de la dictature. Une proposition de loi en gestation compte criminaliser l’activité des associations engagées sur les questions de gouvernance et d’intérêt national. Depuis le 1er juillet le peuple congolais a été invité par l’opposition politique à entrer en désobéissance civile, pour le meilleur ou pour le pire.

Crédit photo : congo-liberty.com

Crédit photo : congo-liberty.com

Bafouer la liberté associative

Quatre associations, la commission Justice et Paix du diocèse catholique de Pointe-Noire, la Fondation Niosi, et deux ONG non confessionnelles, ont signé un communiqué manifestant leur inquiétude quant à la proposition de loi du député Benoît Batchi. Ce dernier a fait son entrée au gouvernement fantoche en avril comme ministre délégué avec la ferme intention de bien assoir l’emprise de Denis le gourou sur la société civile congolaise. Ce projet, qui organise un contrôle a priori du motif associatif, vise à réduire l’espace des libertés des associations, et de les soumettre à un rôle d’accompagnement du gouvernement, estiment les associations dans leur communiqué. La proposition a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale et elle devrait être votée par le Sénat avant la fin de la session parlementaire, en août prochain.

Vhan Olsen Dombo, plus connu sous le pseudonyme de Ya Vé, a fait les frais de la répression du pouvoir contre le tissu associatif militant. En 2014, il fonde avec des amis étudiants, artistes, journalistes, le Mouvement citoyen Ras-le-bol dont il est le coordinateur. Après la manifestation du 9 novembre 2015 contre le référendum imposé par le Denis le touche-à-tout, neuf activistes du collectif sont arrêtés, ce qui pousse Ya Vé à entrer en clandestinité pour se protéger, jusqu’à finalement s’exiler au Cameroun où il vit désormais. « En quittant le pays, je propulse mes engagements qui deviennent panafricains et humanitaires. Aujourd’hui, la terreur à laquelle nous a habitué le régime en place est approximativement le même sentiment que vivent les peuples touchés par le terrorisme » nous confie Vhan Olsen Dombo depuis Yaoundé.

Brimer toute désobéissance civile

La coordination Afrique pour l’alternance démocratique a appelé la société civile congolaise à observer une désobéissance massive au Congo à partir du 1er juillet, pour « contraindre Denis Sassou Nguesso à reconnaître sa défaite électorale et à renoncer à la confiscation du pouvoir ». Plusieurs acteurs d’organisations politiques et de la société civile ont fustigé le 30 juin dernier le hold-up électoral de Denis Sassou Nguesso, qu’ils ne considèrent plus comme le président élu du Congo. Cette initiative fait suite à l’appel lancé depuis Brazzaville par Charles Zacharie Bowao, le coordinateur des plateformes politiques FROCAD-IDC et de la composante J3M, qui enjoignait la population à entrer en désobéissance civile et citoyenne sine die, suite à la mise en détention arbitraire du général Jean-Marie Michel Mokoko le 14 juin. La population, quadrillée militairement, est une nouvelle fois invitée à rester chez elle comme seul moyen d’expression de son mécontentement.

Par ailleurs, le collectif des veuves du Congo-Brazzaville a interpellé le chef de l’Etat français à l’occasion de la célébration de la Journée International des Veuves le 23 juin. Par leur lettre ouverte à l’attention de François Hollande, ces femmes dénoncent la politique brutale de Denis le rouge qui consiste « à exterminer à grande échelle les populations civiles afin de traumatiser le plus grand nombre possible ». Elles demandent que le terrorisme d’État de Denis l’intouchable soit reconnu en tant que tel et que cette reconnaissance fasse que le terrorisme d’État puisse être reconnu comme un crime contre l’humanité dont les auteurs doivent être poursuivis et jugés par la Cour pénale internationale.

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