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16H29 - jeudi 30 juin 2016

Leçon 8 : la femme complice est l’avenir de l’homme véreux

jeudi 30 juin 2016 - 16H29

Comme l’on pouvait s’y attendre, la fausse Première dame du Congo Antoinette Sassou Nguesso ne s’est pas présentée à la convocation du cabinet d’avocats américain White & Case qui défend les intérêts de Mohsen Hojeij dans l’affaire qui l’oppose à l’État congolais. Véritable femme de dictateur, Antoinette la dépensière compulsive manifeste son soutien à Denis le cleptomane par la dilapidation de l’argent public congolais.

Crédit photo : capture Youtube

Crédit photo : capture Youtube

Antoinette Sassou Nguesso n’échappe pas à la comparaison avec son illustre homonyme (partielle) Marie-Antoinette. Loin de l’épicurisme de cette dernière, notre Antoinette nationale n’a rien à lui envier en termes de dépenses farfelues. On nous rapporte qu’elle souffrirait d’une fièvre dépensière incurable d’où son affection immodérée du shopping alors qu’elle ne dispose aucunement de ressources personnelles.

Un de ses caprices fut d’inviter une centaine de courtisans et parents, tous frais compris, pour son soixante-dixième anniversaire, à Saint-Tropez. À raison de 10 000 à 30 000 euros d’argent de poche, quand même !, par tête de pipe, les invités ont dépensé de façon ostentatoire la fortune du clan Nguesso dans les chics rues commerçantes de la Côte-d’Azur du 8 au 12 mai 2013. Entre hôtels cinq étoiles, excursions en yacht, restaurants gastronomiques et soirée d’anniversaire, la fiesta se serait chiffrée à 3 millions d’euros, le tout ponctionné sur les deniers de l’État, pour le bon plaisir de son altesse.

Avec l’aide de Denis le pilleur, elle s’est lancée dans le domaine associatif via l’association Congo Assistance, censée promouvoir l’action sociale, dans les domaines de la santé, du développement, de l’éducation et de la formation professionnelle. Tout un programme plein d’ambitions en effet, sauf que, derrière cette œuvre humanitaire, se cache le réel objectif : détourner les aides venant des institutions internationales et mettre la main sur une partie des subventions pétrolières.

Le statut de Première dame lui permet donc toutes les lubies et, pendant ce temps, dans son royaume, 80 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

 

Sans assumer les conséquences.

Convoquée le 27 juin dernier à Washington par le cabinet d’avocats White & Case, elle n’a pas jugé bon se déplacer. Pourtant, l’homme d’affaires anglo-libanais Mohsen Hojeij qui dirigeait l’entreprise Commisimpex a obtenu gain de cause : la justice américaine a ainsi ordonné à l’État congolais de livrer la liste de ses biens et actifs à l’étranger, notamment sur le sol américain. Maître Francis Vasquez, l’un des avocats en charge de l’affaire, précise que la présence d’Antoinette sur le sol américain début juin justifiait l’assignation étant donné que certains biens appartenant à l’État congolais se trouvent aux USA sous forme de prête-nom. Antoinette la globe-trotteuse a donc vu son séjour américain écourté, et son travail de lobbying pour la reconnaissance de la victoire – volée – de son époux à l’élection présidentielle n’a pas pu aboutir.

Le conseil de l’État congolais, maître Simone Bernard-Dupré, qui fait valoir l’immunité diplomatique de la first bad lady, demande aux Américains de faire preuve de « diplomatie et de courtoisie internationale », et insiste sur la distinction à faire entre sa cliente et l’État congolais débiteur dans cette affaire.

En vérité, si Antoinette la fugitive a pris la poudre d’escampette, c’est qu’elle est bien consciente de la non-reconnaissance du mandat présidentiel de Denis persona non grata par le gouvernement américain, et par conséquent de son absence d’immunité.

En attendant, nul doute qu’Antoinette Nguesso, reine du shopping, réfléchira à deux fois avant de retourner sur le sol américain, car la justice n’y est pas dupe et connaît bien la confusion que le clan au pouvoir se plaît à entretenir entre son patrimoine et les ressources de l’État.

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