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10H02 - jeudi 19 mai 2016

Leçon 3 : Promouvoir l’inculture

jeudi 19 mai 2016 - 10H02

En lançant un mandat d’arrêt contre l’écrivain Alain Mabanckou, le régime du petit Denis le Grand montre comment il fait la part belle aux esprits éclairés. La nomination du nouveau ministre de la Culture ouvre de charmantes perspectives lubriques à la jeunesse congolaise.

Mabankou-vs-Mungala_Oeildafrique.com

L’écrivain Alain Mabanckou se serait bien gardé de mettre les pieds dans le plat de la dictature congolaise. Ce natif de Pointe-Noire, brillant orateur du Collège de France, est pourtant sorti de sa réserve pour porter haut la voix de ceux de l’ombre. Sa lettre ouverte au chef de l’État français l’exhortant de ne pas valider l’élection contestée, « frappée de petite vérole », de Denis Sassou Nguesso, n’est que le cri d’alarme des Congolais spoliés de leur vote lors du dernier scrutin présidentiel, cuisiné à la soviétique.

Le petit Denis le Grand, vexé, a aussitôt mandaté son perroquet préféré, Thierry Moungalla, toujours prompt à piailler sur le perron du palais, pour riposter à l’attaque de l’intellectuel. En déclarant qu’Alain Mabanckou « est tout sauf un Congolais », il a révélé comment le régime a l’intention de traiter ses ressortissants de l’étranger. Et quand il a affirmé qu’« on n’est plus à l’époque de Tintin au Congo », ce juriste qui pourrait briguer une chaire à l’université de Pyongyang, spécialiste devant l’éternel de la masturbation sur les réseaux sociaux, a démontré qu’il pouvait aller toujours plus loin afin de toucher le fond.

Pour couronner le tout, le ministre de la Justice, Pierre Mabiala, a lancé, via la chaîne nationale à la gloire du petit Denis le Grand, Télé foufou (le foufou ou fufu est un aliment de base en Afrique équatoriale), un mandat d’arrêt contre l’illustre écrivain congaulois, pour « délit de propagande de fausses nouvelles et outrage à magistrat ». Heureusement – quoique… – le ridicule ne tue pas !

 

Nomination d’un ministre de l’Inculture

Le nouveau gouvernement illégitime de Denis Sassou Nguesso a récompensé monsieur Leonidas Mottom pour sa sulfureuse réputation en matière de pratiques sexuelles diverses et variées.

Dans des photos circulant sur les réseaux sociaux, on le voit en effet en posture apolitique en compagnie d’une jeune femme qui semble se délecter de son anatomie. Nommé fièrement par le (ri) kiki Denis le Grand au poste de ministre de la Culture, des Arts et du Kamasoutra, il saura sans aucun doute montrer la voie de l’inculture et de la lubricité à la jeunesse congolaise.

Préférant sauver son honneur et sa réputation que son poste de directrice de la communication et la coopération au ministère de la Culture, la réalisatrice Claudia Haïdara Yoka a, pour sa part, démissionné au motif qu’elle conçoit très mal de « se placer sous la responsabilité d’un pornographe ».

Oyé oyé, poste à pourvoir !

Si sous d’autres cieux, la circulation d’une sex tape sur les réseaux sociaux nuit gravement à l’avancement d’une carrière professionnelle, au Congo, sous le règne de Denis le Terrible, cela ouvre les portes du ministère de la Culture. À vos caméras… prêts… partez !

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