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12H14 - jeudi 12 mai 2016

La dictature pour les nuls : leçon 2

jeudi 12 mai 2016 - 12H14

Si l’opposition congolaise a régulièrement été accusée de faire le jeu de Denis Sassou Nguesso, comme lorsqu’elle a accepté de se lancer dans une campagne présidentielle anticipée, cette fois les masques sont tombés. En reconnaissant les résultats proclamés à la hussarde par une Cour constitutionnelle inféodée au dictateur, deux personnalités dites de l’opposition ont trahi leur cause, et leurs militants.

Accusés, levez-vous!

Pascal Tsaty Mabiala lors d'un meeting - Crédit photo réservé.

Pascal Tsaty Mabiala lors d’un meeting – Crédit photo réservé.

Par l’asservissement de Guy Brice Parfait Kolélas

Guy Brice Parfait Kolélas, candidat placé dans le duo de tête selon les résultats de la Commission technique électorale (CTE) de l’opposition, n’a pas la rancune tenace. Privé en début de campagne, par une décision de la justice de Denis Sassou Nguesso, des atours de son parti, le MCDDI, hérité de feu son père Bernard Kolélas, il n’a pas tardé à reconnaître les résultats proclamés par une Cour constitutionnelle surveillée par des militaires menaçants.

Dès le 24 avril 2016, et sans concertation avec ses partenaires de l’opposition, il affirmait vouloir user des seules « voies légales de recours reconnues par la loi », concoctée par le voleur électoral dont il voulait justement… contester le vol. En agissant ainsi, Guy Brice Parfait Kolélas a violé la Charte de l’opposition pour la victoire, dont le but était l’alternance démocratique, et confirmé ainsi son statut d’opposant accompagnateur.

Sa docilité plate face au chef Denis le Terrible rappelle qu’il était son ministre il y a moins d’une année encore. Les centaines de milliers de votants, qui l’ont porté aux première et deuxième places, selon les lieux, du premier tour de l’élection présidentielle, sauront apprécier à sa juste mesure l’habile retour de veste de leur candidat héritier.

 

Par la concupiscence de Pascal Tsaty Mabiala

L’autre victime consentante de la « nguirisation », pratique typique de corruption de Sassou le terrible, est Pascal Tsaty Mabiala.

Le premier secrétaire de l’Upads (Union panafricaine pour la démocratie sociale) a été investi par son parti pour porter haut et fort la voix du président Lissouba (1992-1997) dépossédé de son trône par la force par Denis le grand, oui, lui encore.

Celui qui déclarait : « Pendant la campagne présidentielle, face à la dictature, nous opposerons le courage, face à la tricherie, nous opposerons la vigilance et face au doute, nous opposerons l’enthousiasme et la détermination », a appelé ses militants, le 08 avril « à reconnaître l’élection de Sassou Nguesso » et « à s’interdire tout acte attentatoire à la paix civile de quelque nature qu’il soit ». Quid de la désobéissance civile ?

La corruption active des pseudos opposants par le grand Sassou le Terrible a battu en brèche la charte de l’opposition pour la victoire à l’élection présidentielle du 20 mars et paralysé la révolte du peuple congolais.

À ce jour, le général Jean-Marie Michel Mokoko ne s’est toujours pas remis de ces différentes trahisons.

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