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19H45 - lundi 25 avril 2016

Congo : il faut saisir le conseil de sécurité de l’ONU

lundi 25 avril 2016 - 19H45

Lettre ouverte au secrétaire général des Nations unies, à la présidente de la Commission de l’Union africaine, au président de la République française sur la saisine du Conseil de sécurité des Nations unies pour le Congo.

Monsieur Ban Ki-moon, Madame Nkosazana Dlamini-Zuma, Monsieur le président François Hollande,

Par la présente, au vu des faits constatés en République du Congo ces derniers jours et depuis octobre dernier, nous vous prions de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies et l’alerter sur la situation dramatique que connaît le peuple congolais.

Après trente-deux ans de pouvoir cumulés, Denis Sassou Nguesso a modifié – et bafoué – le 28 octobre dernier, par un référendum largement boycotté, la Constitution de 2002, pour pouvoir briguer un troisième mandat présidentiel.

Le président congolais avait déjà réprimé toutes les manifestations contre le référendum, notamment le rassemblement du 20 octobre 2015, coupé les communications téléphoniques, SMS et Internet pendant 13 jours, et fait fi des quelques remontrances de la communauté internationale sur le manque de respect des normes de transparence et de probité d’organisation du vote.

Denis Sassou Nguesso a ensuite imposé un processus électoral accéléré et bâclé afin de convoquer le 20 mars un scrutin présidentiel, n’hésitant pas à user d’intimidations, arrestations et intimidations contre l’opposition et les leaders de la jeunesse. Le pouvoir est allé jusqu’à couper tous les moyens de communication pendant quatre jours autour de l’élection.

Au mépris de toutes les normes démocratiques internationales, Denis Sassou Nguesso s’est déclaré vainqueur dès le premier tour avec un résultat digne des pratiques soviétiques. Pourtant, l’opposition, qui avait mis en place un système d’observation des votes, a pu donner un résultat tout différent, plaçant le président sortant en quatrième ou cinquième position.

Craignant certainement une insurrection populaire et afin de faire taire toute contestation, le pouvoir a fait bombarder, depuis le 4 avril, le département du Pool, traditionnellement hostile à son régime.

Monsieur le secrétaire général, Madame la Présidente, Monsieur le Président, nous craignons un scénario à la burundaise dont l’issue est incertaine, avec des soupçons de crimes imprescriptibles.

Dans ce contexte de violences urbaines et policières constatées depuis la tenue des élections et la proclamation controversée des résultats le 20 mars 2016, nous sommes plus particulièrement inquiets sur le sort de plusieurs personnalités et militants politiques emprisonnés illégalement. Citons les cas de Modeste Boukadia, Paulin Makaya, Jean Ngouabi et Kostellie Aboyo Issami, sans oublier les assignations à résidence des candidats de l’opposition comme le général Jean-Marie Michel Mokoko.

La limitation du nombre de mandats présidentiels, inscrite dans les Constitutions de nombreux pays africains, promue par la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de l’Union africaine, souvent évoquée par les chancelleries et les chefs d’État, réaffirmée lors du Sommet de la francophonie de Dakar, le 30 novembre 2014, puis par le secrétaire général des Nations Unies au sommet de l’Union africaine, le 30 janvier 2015, a été foulée aux pieds par le chef de l’État autoproclamé Denis Sassou Nguesso.

Monsieur le secrétaire général, Madame la Présidente, Monsieur le Président, pour enrayer cette spirale de violence et faire pression sur le président congolais, nous vous prions de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies afin de :

– diligenter une enquête internationale sur les violations, tortures et disparitions constatées au Congo ces dernières semaines ;

– créer une zone d’exclusion aérienne dans la région du Pool ;

– fixer un embargo sur l’achat d’armes et de matériel militaire pour que cessent les bombardements des populations civiles ;

– demander la convocation d’une nouvelle élection présidentielle, sous contrôle africain et international, et le retrait de la vie politique de Denis Sassou Nguesso.

 

Le peuple congolais, dont les droits constitutionnels et la liberté sont bafoués, espère trouver dans l’Union africaine et la France le soutien nécessaire pour faire prévaloir le droit et la démocratie.

 

 

 

 

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