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17H13 - mardi 5 avril 2016

La militarisation du Congo

mardi 5 avril 2016 - 17H13

Alors que Denis Sassou Nguesso a vu sa victoire validée par une Cour constitutionnelle acquise à sa cause, le régime prévient toute désobéissance civile par la militarisation de l’espace publique et le déplacement forcé des populations hostiles.

Crédit photo : Brazzanews - DR

Crédit photo : Brazzanews – DR

Les populations des quartiers Sud de Brazzaville ont été réveillées hier 4 avril par le bruit d’affrontements à l’arme lourde.

Populations en fuite, dormant a la bellle etoile_Dans un communiqué diffusé le même jour sur la télévision nationale, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Thierry Moungalla a accusé les hommes du pasteur Frédéric Bitsamou Ntumi, communément dénommés Ninjas, d’avoir voulu créer un climat insurrectionnel dans la capitale. Faux, répondent les populations des quartiers concernés, qui accusent la milice privée du député PCT Aimé Hydevert Mouagni d’avoir orchestré ces violences afin de vider ces zones de leurs habitants. Des sources locales nous rapportent par ailleurs que les forces armées auraient sommé les populations de quitter leurs logements. Cette tension a créé un exode massif des populations sensibles, majoritairement des femmes et des enfants, vers le centre-ville et les quartiers plus calmes du Nord de la capitale congolaise.

Le consulat général de France au Congo demandait hier aux ressortissants français de « demeurer confinés à leur domicile », aussi bien à Pointe-Noire qu’à Brazzaville.

 

La Cour constitutionnelle valide la victoire de Sassou

C’est dans ce climat délétère que la Cour constitutionnelle a validé hier dans la soirée la victoire du président sortant Denis Sassou Nguesso, au premier tour de l’élection présidentielle du 20 mars, avec plus de 60 % des suffrages, et déclaré irrecevable le recours présenté par Guy Brice Parfait Kolélas. Ce dernier contestait les résultats partiels annoncés au lendemain du premier tour par Henri Bouka, président de la Commission électorale nationale indépendante.

Étant donné l’impressionnante armada militaire déployée ces derniers jours à Brazzaville, l’opposition congolaise, qui avait l’intention d’appeler à la désobéissance civile, devra imaginer un autre scénario si elle entend continuer à contester les résultats électoraux.

 

Une arrestation inquiétante

Par ailleurs, Alphonse Nsimba Ndimbani, président fondateur du parti politique FPU (Front des patriotes unis) a été arrêté par la police politique de Denis Sassou Nguesso dans la nuit du 3 au 4 avril à 1 heure du matin dans le quartier Nkouikou à Pointe-Noire. Son arrestation inquiète ses proches et partisans. Il avait déjà l’année dernière été placé deux mois en détention, pour son opposition au changement de la Constitution. Il serait actuellement séquestré et torturé à l’état-major militaire.

Son nom s’ajoute à la longue liste de personnalités politiques arrêtées par la police du régime depuis le référendum constitutionnel d’octobre dernier.