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16H47 - mardi 22 mars 2016

Le Congo retient son souffle

mardi 22 mars 2016 - 16H47

Ce mardi 22 mars, les communications téléphoniques avec le Congo, SMS compris, ne sont toujours pas rétablies. Les résultats du premier tour du scrutin présidentiel sont attendus dans la journée, dans une ambiance tendue.

Crédit photo : BrazzaNews

Crédit photo : BrazzaNews

 

Le 18 mars, le ministre congolais de l’Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou, demandait aux opérateurs téléphoniques nationaux de bloquer toutes les communications les 20 et 21 mars. Aujourd’hui 22 mars, elles demeurent impossibles.

Cette mesure devait empêcher l’opposition d’annoncer sa victoire via sa Commission technique électorale (CTE) mise en place pour parer aux refus de l’État d’instituer une commission véritablement indépendante. Le pouvoir ayant qualifié cette initiative de mesure insurrectionnelle entendait, grâce au blocage des communications, empêcher la publication des résultats des différents bureaux de vote par les représentants de l’opposition.

L’Union européenne, qui avait déjà souligné l’insuffisance de garanties données par le pouvoir en place, souhaite que la « compilation des votes se déroule dans l’ordre et de façon transparente et vérifiable » et elle « appelle les autorités à rétablir les moyens de communication ».

En octobre dernier, le régime avait déjà suspendu les moyens de communications et maintenu la coupure pendant 13 jours afin de mater la rébellion contre le référendum constitutionnel, à l’abri des regards de la communauté internationale.

L’équipe de campagne du candidat Jean-Marie Michel Mokoko dénonce aujourd’hui « une volonté éhontée de réaliser une fraude pour fausser les résultats réels de l’élection présidentielle » et demande au gouvernement de « prendre toutes les dispositions pour lever immédiatement » cette mesure d’isolement.

 

La guerre des résultats, CTE contre Ceni

Les rumeurs ayant précédé la coupure de communication, l’opposition s’y est préparée : grâce à des téléphones satellitaires et l’utilisation de puces téléphoniques de pays voisins, elle a pu transmettre, hier dans la soirée, ses premières estimations de résultats du scrutin présidentiel.

Selon elles, dans les quatre grandes villes du Congo, Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et Owando, Denis Sassou Nguesso arriverait en quatrième position, loin derrière le général Jean-Marie Michel Mokoko et Guy Brice Parfait Kolélas qui mèneraient la course.

Nos sources locales nous informent de l’annonce officielle dans la journée des résultats par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Tout porte à croire que Denis Sassou Nguesso qui prédisait un penalty suivi d’une victoire par K.-O., avant même le coup d’envoi de la partie, ne se privera pas de déclarer sa victoire dès le premier tour grâce à une Ceni totalement acquise à sa cause.

Depuis quelques heures déjà, peu à peu, affluent des éléments de la force publique pour quadriller les quartiers contestataires les plus sensibles tant à Brazzaville qu’à Pointe-Noire car l’opposition a appelé le peuple à « rester vigilant et à ne pas se laisser voler la victoire qui ne souffre plus d’aucun doute aujourd’hui ».

 

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