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17H38 - lundi 14 mars 2016

Un week-end à risques

lundi 14 mars 2016 - 17H38

La campagne électorale au Congo bat son plein malgré son lot d’entraves, de la part du pouvoir en place, à l’encontre des candidats de l’opposition. Certain de sa victoire, le régime prévoit de faire taire par la force toute contestation à l’issue du scrutin.

Gabriel Dion_PCT

 

Le 12 mars, s’est tenue à la mairie de Bordeaux une conférence, organisée par l’institut Nelson Mandela, sur les enjeux de l’élection présidentielle en République du Congo.

Interrogé sur l’hypothèse d’une contestation populaire en cas de fraude avérée à l’issue du scrutin, le président du Parti congolais du travail (PCT), Fédération France-Europe, Gabriel Dion, a déclaré : « S’ils sortent, ils mourront ». Comment ne pas interpréter cette phrase comme un avertissement, voire une menace, à l’encontre du peuple congolais, qui devrait s’abstenir de réagir, sous peine d’être massacré ?

Le pouvoir en place ne semble donc pas prêt à renoncer aux méthodes de passage en force qu’il a déjà pratiquées en octobre dernier, au moment du référendum constitutionnel. Denis Sassou Nguesso avait alors mobilisé tous ses moyens pour empêcher que ne soit dressé un bilan de la répression par les forces de l’ordre des manifestations contre le référendum. Rappelons qu’entre les 19 et 31 octobre dernier, le Président avait fait couper Internet et les réseaux SMS, et exercé une surveillance des communications téléphoniques pour intimider ceux qui tenteraient de résister à la censure.

L’annonce d’une élection normale par les autorités congolaises n’est donc qu’une façade et le régime s’apprête à user des mêmes armes, au sens propre du terme, restant ainsi fidèle à sa philosophie ancestrale : « Le pouvoir est au bout du fusil ! »

 

L’opposition politique congolaise fait bloc

Des obstacles constants ont été mis sur la route des différents candidats de l’opposition au cours de leurs campagnes respectives. Ils se sont matérialisés sous forme de restrictions dans leur liberté de circulation, d’interdictions préfectorales de réunion, d’intimidations des militants, etc.

Le gouvernement, par la voix de son ministre de la Communication et des Médias, Thierry Moungalla, a par ailleurs dénoncé « une insurrection » à propos de la Commission technique des élections mise en place par l’opposition congolaise suite au refus du pouvoir de créer une véritable commission électorale indépendante.

Ce jeudi 17 mars, le médias internationaux devront suivre de près le déroulement du grand meeting commun des cinq candidats de l’opposition congolaise que sont : Claudine Munari, Pascal Tsaty Mabiala, André Okombi Salissa, Guy Brice Parfait Kolélas et Jean-Marie Michel Mokoko.

Le succès de la mobilisation populaire de ce dernier à Pointe-Noire le 12 mars laisse présager l’affluence massive vers la capitale Brazzaville à l’occasion de ce meeting.

 

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