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16H20 - lundi 7 mars 2016

Le Congo à l’épreuve de la démocratie

lundi 7 mars 2016 - 16H20

L’opposition congolaise démarre la campagne électorale par une journée de recueillement. Le chef de l’État quant à lui, toujours sourd aux demandes de report du scrutin, prédit sa victoire par KO.

 

Journée de commémoration - Crédit photo : BrazzaNews

Journée de commémoration – Crédit photo : BrazzaNews

 

Vendredi dernier, le président Denis Sassou-Nguesso a lancé sa campagne par un meeting à Madingou, tandis que la coalition qui l’affronte, en souvenir de la tragédie du 4 mars 2012, s’est tenue au silence. Ce jour-là, il y a quatre ans, dans le quartier de Mpila à l’est de Brazzaville, un dépôt de munitions explosait faisant plus de 300 morts et 2 500 blessés.

La commémoration a commencé au cimetière du centre-ville avec le dépôt par le général Jean-Marie Michel Mokoko d’une gerbe de fleurs en hommage aux victimes. En raison d’une convocation à la DGST, il n’a pas assisté à la cérémonie religieuse organisée l’après-midi, à l’église Saint-Esprit de Moungali. Les autres candidats de l’opposition quant à eux, Guy Brice Parfait Kolélas, André Okombi Salissa, Pascal Tsaty Mabiala et Claudine Munari, étaient présents.

 

Cartes d'électeurs - Crédit photo : BrazzaNews

Cartes d’électeurs – Crédit photo : BrazzaNews

Décidée à participer au scrutin prochain, l’opposition congolaise a constitué sa propre commission électorale, la Commission technique des élections, dirigée par Clément Miérassa, autre personnalité politique de la plateforme IDC-Frocad, qui aura pour mission « de collecter, de traiter et de publier les résultats de l’élection présidentielle du 20 mars 2016, en ne s’appuyant que sur les fiches de résultats des bureaux de vote dûment établies, signées et affichées juste après le dépouillement ».

Elle demande par ailleurs à tous les électeurs de rester sur place, le jour J, à l’issu de leur vote afin de s’assurer de la transparence des dépouillements et le cas échéant de dénoncer les fraudes.

 

 

L’opposition a donc entamé sa campagne avec un jour de retard sur le programme, le 5 mars ; le général Jean-Marie Michel Mokoko, lui, continuait de demander le report d’une élection dont « les dés sont pipés ».

Le même jour, au cours de son meeting de Pointe-Noire, Denis Sassou Nguesso a, quant à lui, a promis de remporter la victoire dès le premier tour. Devant une centaine de militants venus des quatre coins du pays, il a présenté son projet de société intitulé la marche vers le développement et comme s’il s’agissait d’un simple match de football, il a déclaré : « le 20 mars, ça sera un penalty tiré et marqué et puis c’est la victoire ».

Sur le front de l’Union européenne qui avait annoncé son refus d’envoyer des observateurs au Congo pour le scrutin à venir, le chef de l’État avait réagi dès le 3 mars en envoyant son ministre des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, à Bruxelles. Ce dernier a notamment rencontré Federica Mogherini (chef de la diplomatie européenne) pour tenter d’infléchir sa position. À la suite des discussions, il a affirmé avoir trouvé un compromis : « Les représentations diplomatiques à Brazzaville et à Kinshasa, ayant juridiction sur Brazzaville, vont se déployer sur le terrain au moment des élections et elles rendront compte à Bruxelles ».

Ainsi, le 20 mars se profile à l’horizon toujours aussi incertain, entre campagne électorale et démonstrations militaires.

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