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17H15 - mercredi 24 février 2016

La tension se relâche mais les doutes se confirment

mercredi 24 février 2016 - 17H15

Le général Jean-Marie Michel Mokoko est sorti libre de son audition à la Direction générale de la surveillance du territoire alors que l’Union européenne confirme que le caractère démocratique du scrutin présidentiel prochain n’est pas garanti.

Le général Jean-Marie Michel Mokoko à son domicile - Crédit photo : Brazza News

Le général Jean-Marie Michel Mokoko à son domicile – Crédit photo : Brazza News

 

 

Les plusieurs convocations des services de police et la demande d’interpellation du procureur de Brazzaville en direct à la télévision ne laissaient pas espérer un pareil dénouement, et pourtant le général Jean-Marie Michel Mokoko est sorti libre de son audition le 22 février.

Alors que la population s’inquiétait d’un possible usage de la force lors de son arrestation, avec le risque de voir la situation s’envenimer dans le pays, c’est accompagné de ses quatre avocats, et de son plein gré, que Jean-Marie Michel Mokoko s’est rendu au bureau du procureur de la République pour être entendu sur les faits qui lui étaient reprochés.

Rien n’a filtré du contenu de son interrogatoire qui a duré plus de six heures, et l’enquête se poursuit puisque Jean-Marie Michel Mokoko sera de nouveau entendu cette semaine.

Ses partisans accusent le pouvoir en place de chercher à invalider sa candidature à l’élection présidentielle et l’un de ses avocats, maître Esseau, précise que son client « bénéficie de la présomption d’innocence » et qu’« aucun jugement ou condamnation ne l’aurait privé de ses droits civiques et politiques et ne l’empêcherait de se présenter aux élections présidentielles ».

Fort de son soutien populaire, le général Jean-Marie Michel Mokoko ne fléchit pas et maintient sa décision de briguer le mandat présidentiel.

 

L’Union européenne doute de la transparence du scrutin du 20 mars

 

Les critiques de l’opposition congolaise sur la transparence du prochain scrutin présidentiel ont trouvé un écho à Bruxelles. Dans une déclaration du 19 février 2016, l’Union européenne relève en effet que la loi électorale mise en place par les autorités ne permet pas d’assurer « le caractère démocratique, inclusif et transparent de l’élection ».

L’Europe émet des doutes sur la Commission nationale électorale indépendante mise en place en raison de la non-inclusion des partis de l’opposition et de la société civile dans le processus préparatoire.

Dans certaines régions du Congo, le nombre d’inscrits semble supérieur à celui des personnes en âge de voter et l’anticipation du scrutin ne permet pas de garantir la fiabilité du fichier électoral ce qui « risque d’affecter la crédibilité des résultats du vote ».

C’est pour cette raison que l’Union européenne a décidé de ne pas envoyer de mission d’observation électorale en rappelant que « les libertés fondamentales des candidats et de leurs partisans doivent être respectées pendant les périodes de pré-campagne et de campagne électorale ».

Les partisans de Denis Sassou Nguesso n’ont pas tardé à réagir en dénonçant un procès d’intention. Le ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, a insisté sur l’inscription de près de 70 000 électeurs supplémentaires sur les listes électorales suite à l’appel de tous les partis politiques à la mobilisation civique.

Le parti congolais du travail (PCT) réfute ainsi les accusations de gonflement des listes électorales et prévient l’Union européenne qu’en refusant d’envoyer des observateurs au Congo, elle se « retire aussi au passage la possibilité demain de juger de la qualité du processus qui va aboutir à l’élection du président de la République ».

L’opposition congolaise va-t-elle en conséquence mettre en défiance le gouvernement, et demander le report du scrutin, ou appeler au soulèvement populaire que beaucoup appellent de leurs vœux ?

 

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