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11H35 - mercredi 10 février 2016

Congo : Retour du général Mokoko à Brazzaville

mercredi 10 février 2016 - 11H35

La personnalité sans doute la plus attendue au Congo en ce début d’année a atterri hier mardi à l’aéroport Maya Maya de Brazzaville. C’est Jean-Marie Michel Mokoko, candidat à l’élection présidentielle et fraîchement démissionnaire de son poste de conseiller du Président chargé des questions de paix et de sécurité.

JMMM à Bangui

Le général Jean-Marie Michel Mokoko, le 19/12/2013 à Bangui – Crédit photo : AFP – Ivan Lieman

 

Le général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien pensionnaire de l’École militaire de Saint-Cyr, également diplômé de l’École d’état-major de Compiègne, jouit d’une popularité certaine au Congo, et son retour suscite une forte effervescence au sein de la population et parmi ses soutiens dans l’armée nationale.

C’est au titre de chef d’état-major des armées du Congo, poste qu’il occupait depuis 1987, que le général a largement œuvré au retrait du pouvoir de Denis Sassou Nguesso en 1991 pour permettre la tenue de la Conférence nationale et contribuer ainsi à la fin du monopartisme.

En poste à Bangui depuis 2013 à la tête de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca), le général Mokoko n’aura pas résisté aux appels de sa base à s’engager pour sortir le Congo de la crise. Et c’est afin de participer à l’élection présidentielle du 20 mars prochain, qu’il a repris sa liberté le 3 février, en démissionnant de son poste de conseiller auprès du chef de l’État.

C’est un dispositif de sécurité impressionnant qui a été mis en place par les autorités pour accueillir le général Mokoko, et les forces de l’ordre n’ont pas hésité à user de gaz lacrymogènes et de matraques pour disperser l’immense foule rassemblée à cette occasion.

Dans une interview donnée le soir à France24, le général Jean-Marie Michel Mokoko a dénoncé la « réception sauvage » orchestrée par les forces de police de Brazzaville pour le pousser à retirer sa candidature. Il a réaffirmé sa détermination : « S’ils décident de me tuer, ils n’ont qu’à le faire ! »

 

Qui donne le ton de la campagne électorale ?

Au mois de juillet dernier, alors qu’il était en poste à Bangui, le général Mokoko s’était exprimé publiquement contre le projet de réforme constitutionnelle voulu par le président Denis Sassou Nguesso. Pour faire taire ses détracteurs qui le soupçonnent depuis longtemps d’accointances avec le pouvoir, le général avait averti : « Si la transparence du scrutin n’est pas garantie, il faudra réagir ». Il avait aussi prévenu qu’un « soulèvement populaire et pacifique [n’était] pas à exclure » et que dans ce cas, sa place serait « du coté du peuple ».

Le projet pour le Congo de celui qui souhaite « porter la voix du peuple » sonne comme la fin de la récréation : le général Mokoko a pour objectif de « changer les mentalités, moraliser l’appareil d’État, éliminer la corruption et regagner la confiance de la communauté internationale ».

Sa présence pourrait donc créer de vives tensions dans la capitale congolaise. Une source locale, qui préfère rester anonyme, nous rapportait hier dans la soirée que dores et déjà des éléments de la police traquaient et agressaient les proches et partisans du général.

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