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16H21 - mercredi 20 janvier 2016

Du rififi devant Total !

mercredi 20 janvier 2016 - 16H21

Vendredi 15 janvier des échauffourées ont émaillé une manifestation de Congolais de la diaspora devant l’immeuble Total de La Défense.

Les manifestants face au jet d'eau. - Capture d'écran de la vidéo ci-dessous.

Les manifestants face au jet d’eau. – Capture d’écran de la vidéo ci-dessous.

 

Tout a commencé au lendemain de la déclaration (certes rectifiée le lendemain) du président de la République française, François Hollande, le 21 octobre 2015, affirmant que son homologue congolais « Sassou Nguesso [avait] le droit de consulter son peuple », en référence au projet de référendum constitutionnel qui devait lui permettre de briguer un troisième mandat.

 

Depuis, les Congolais de Paris et de France, s’organisent. Manifestations hebdomadaires, les mercredis place du Venezuela (proche de l’ambassade du Congo à Paris) et les vendredis au pied de l’immeuble Total de La Défense afin d’appeler les autorités françaises à retirer leur soutien au régime de Brazzaville.

 

Apparemment, voir leurs employés accueillis tous les vendredis sous les cris de « criminels », « pilleurs du Congo » et autres noms d’oiseaux a suscité l’irritation des dirigeants de la compagnie pétrolière.

Les manifestants congolais chez Total, - Crédit photo : Georges M'passy Facebook

Les manifestants congolais chez Total, – Crédit photo : Georges M’passy Facebook

 

Mais que reprochent ces opposants congolais en exil à l’entreprise française ? Ils l’accusent d’une part d’avoir imposé par les armes Denis Sassou Nguesso à la tête de leur pays en 1997, avec la bénédiction du président français de l’époque, Jacques Chirac. De l’autre, de spolier le peuple congolais en ne reversant au Congo que 15 à 17 % de ses recettes pétrolières avec la complaisance du pouvoir en place.

 

Face aux jets d’eau de Total

Rendez-vous est donc pris avec les manifestants pour un énième vendredi de manifestation, le 15 janvier, avec cette fois, une opération de lancement d’œufs et tomates sur la façade vitrée de l’immeuble.

Comme tous les vendredis, les opposants congolais sont encadrés par une compagnie de CRS…

Le sit-in s’envenime lorsqu’un agent de sécurité de l’immeuble Total se saisit d’une lance à eau et en use contre les manifestants. Les forces de police s’interposent alors entre les parties pour éviter un affrontement et repoussent les manifestants derrière la barrière de sécurité. C’est alors que Sadio Morel-Kante, journaliste et figure de la résistance congolaise en exil à Paris, est bousculée par un agent des forces de l’ordre et tombe.

 

 

 

La journaliste souffre depuis sa chute, dit-elle, de douleurs dorsales et de contusions, et ajoute par ailleurs qu’un CRS lui aurait lancé : « Allez lancer des œufs dans votre pays ! ». Tout cela ne suffira apparemment pas à fléchir sa détermination à se battre pour son pays. Si son état physique le lui permet, elle sera présente, déclare-t-elle, aux prochains rassemblements.

 

Donald Emperator, un des chefs de file du mouvement, prévient pour sa part que tant que les Congolais auront l’autorisation préfectorale de manifester au pied de l’immeuble de La Défense, ils y poursuivront leurs sit-ins hebdomadaires. « Nous le faisons pour notre peuple, pour nos frères et sœurs au pays qui souffrent du manque d’eau, d’électricité, d’éducation, de tout ! »

 

Le service presse de Total n’a pour l’instant pas souhaité répondre à nos demandes répétées d’interview.

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