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17H35 - mercredi 13 janvier 2016

Paulin Makaya, un des leaders de l’opposition, toujours en prison à Brazzaville

mercredi 13 janvier 2016 - 17H35

Tout commence au cœur de l’été. C’est sur la route de Madingou, localité du Congo où il doit tenir un meeting le 29 août dernier, que l’opposant Paulin Makaya (président de la plateforme FRD) a failli perdre la vie.

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Tout commence au cœur de l’été. C’est sur la route de Madingou, localité du Congo où il doit tenir un meeting le 29 août dernier, que l’opposant Paulin Makaya (président de la plateforme FRD) a failli perdre la vie.

Des hommes armés bloquent son convoi et lui présentent un arrêté préfectoral interdisant la tenue de son meeting. Sûr de son droit, Paulin Makaya descend de voiture et décide de poursuivre son chemin…

Il s’en faut de peu pour que le drame se produise ce jour-là !

 

Cet incident sera le prélude des mésaventures du leader de l’UPC, Unis pour le Congo

Pendant la campagne de boycott du référendum du 25 octobre 2015, Paulin Makaya a évidemment largement mobilisé ses troupes, les ennuis se sont aggravés ensuite, une fois que le Président eu fini d’imposer sa nouvelle Constitution.

 

Pas de brimades physiques mais des tortures morales

 

Après huit jours en garde à vue et une audition devant un juge d’instruction le 1er décembre, l’opposant congolais Paulin Makaya a été incarcéré. Les chefs d’inculpation retenus à contre lui sont les suivants : « détention illégale d’armes de guerre, participation à une marche interdite et complicité d’incendie d’édifices publics ».

 

Pour son avocat, Maître Hervé Malonga, Paulin Makaya est un « détenu d’opinion ». En effet, ce dernier affirme avoir marché de façon pacifique lors de la manifestation du 20 octobre contre le référendum constitutionnel, ce qui ne saurait, explique Me Malonga, constituer une infraction.

 

Chef du parti Unis pour le Congo, Paulin Makaya était, à l’origine, plaignant dans une affaire de « perquisition illégale et de tentative d’assassinat » antérieure aux événements d’octobre. Les militants de son parti dénoncent par ailleurs le fait qu’il soit le seul incarcéré alors que la marche en question a été initiée par une opposition beaucoup plus large.

 

Du fond de sa cellule de la maison d’arrêt de Brazzaville, le président de l’UPC appelle Denis Sassou-Nguesso « à cesser ses méthodes staliniennes, annonce qu’il reste déterminé et demande à ses partisans de poursuivre leur mobilisation ».

Joint par L’Opinion Internationale, le représentant de Paulin Makaya à Paris, M. Vianney Tsiba, déclare que le président de son parti ne subit pas de brimades physiques mais des tortures morales, et que ses conditions carcérales aggravent ses problèmes de santé. Il affirme que Paulin Makaya aurait été placé pendant dix jours dans une cellule avec une personne atteinte de tuberculose en phase terminale.

Contacté hier par Opinion Internationale, le secrétaire général de la plateforme FRD, M. Athel Bayoundoula, précise qu’il n’est « moralement pas atteint, qu’il reste déterminé et demande à ses militants de rester mobilisés pour exiger le changement. »

 

D’autres prisonniers politiques

 

Paulin Makaya s’ajoute à une longue liste d’opposants politiques emprisonnés. En première ligne, les personnes liées à la Convention d’action pour la démocratie et le développement (CADD). Selon la Fédération internationale des droits de l’homme, à Brazzaville, onze proches du président de la CADD auraient été arrêtés le 24 novembre, et son secrétaire général, Alain Kessi-Ngoya, le 12 décembre avec quatre autres personnes, tous détenus actuellement au siège de la Direction générale de la sûreté et du territoire.

 

Enfin, les coordinateurs de cette Convention, Nicolas Kossaloba et Augustin Kala-Kala, sont activement recherchés par les services de sécurité de l’État.

 

Paulin Makaya, quarante-neuf ans, est diplômé des universités de Brazzaville et Westminster (de Londres), respectivement en sociologie politique et en communication et management.

Il fut le plus proche collaborateur de Bernard Kolélas (président fondateur du parti MCDDI en 1991).

Suite au coup d’État d’octobre 1997, il part en exil à Londres, où il séjournera de nombreuses années.

Il dirige depuis le Royaume Uni son parti UPC (Unis pour le Congo).

Décidé à s’engager avec son parti pour l’échéance présidentielle de 2016, il rentre  à Brazzaville le 30 juillet 2014.

 

JCM

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