Monde / World
Afrique /
13H06 - vendredi 23 octobre 2015

Le référendum du Congo-Brazzaville aura-t-il lieu ?

vendredi 23 octobre 2015 - 13H06

Le référendum du Congo-Brazzaville aura-t-il lieu ? A Pointe-Noire, on serait d’ores et déjà en train de distribuer les cartes des électeurs et de bourrer les urnes. Des forces de police sont envoyées dans le sud du pays pour assurer ce qui est considéré comme le « bon déroulement du scrutin », c’est-à-dire la validation du référendum qui assurerait au président Denis Sassou-Nguesso la possibilité de se briguer un troisième mandat présidentiel.

Répondant à l’appel à la « désobéissance civile » lancé par l’opposition, la résistance s’organise de diverses façons dans tout le pays : désertion des mairies, des préfets… A Owando, région natale de l’ancien président Marien Ngouabi, la révolte est particulièrement forte de sens.

A Pointe-Noire, le commandant Jean Ondaye Olessongo dirige la zone militaire et organise la répression. Des mercenaires, d’anciens combattants qui pourraient être venus d’autres pays comme le Rwanda, le Burundi, ou la Centrafrique, font taire les manifestants. Le corps médical fait état de plusieurs morts et blessés, dont le nombre est encore difficile à estimer précisément.

Une médiation internationale menée par des membres de l’archevêché congolais comme Anatole Milandou ou Louis Portela Mbouyou devait avoir lieu aujourd’hui. Certains leaders de l’opposition devant participer à la négociation comme Parfait Kolélas ont été assignés un certain temps à résidence, encerclés par la garde présidentielle, avant de retrouver leur liberté de mouvement.

Hier soir, François Hollande est revenu sur son soutien au président congolais. Il a précisé que les violences ne sauraient être acceptées. La déclaration du président de la République française en faveur du référendum a été faite peu après une réunion avec le président malien en visite d’Etat à Paris, Ibrahim Boubacar Keïta, important soutien de Denis Sassou-Nguesso. Pourtant, cette première déclaration française s’inscrit en rupture à la déclaration du Parti Socialiste du 24 septembre dernier condamnant l’organisation du référendum.

Il ne faut pas oublier que les intérêts économiques de la France demeurent extrêmement importants au Congo-Brazzaville…