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07H56 - Jeudi 15 novembre 2012

Découvrez les 3 lauréates du prix du courage en journalisme 2012

Jeudi 15 novembre 2012 - 07H56

Le 2012 Courage in Journalism Award a été décerné aux journalistes Reeyot Alemu, Asmaa al-Ghoul et Khadija Ismayilova

 

L’Éthiopienne Reeyot Alemu, la Palestinienne Asmaa al-Ghoul et l’Azerbaïdjanaise Khadija Ismayilova sont les lauréates du 2012 Courage in Journalism Award. Décerné depuis 1990 par l’International Women’s Media Foundation (IWMF), le « prix du Courage en Journalisme » récompense chaque année trois femmes ayant « fait preuve d’une extraordinaire intégrité et force de caractère en exerçant leur métier dans des circonstances difficiles ou dangereuses ». Le Courage in Journalism Award est le seul prix international voué à honorer le courage des femmes journalistes.

 

Reeyot Alemu

Reeyot Alemu a été condamnée en juin 2011 à 14 ans de prison (ramenés à 5 ans en appel) sous le chef d’accusation de « terrorisme ». Les « preuves » fournies contre elle à son procès se limitent à des articles critiquant le gouvernement éthiopien, publiés dans des médias indépendants, et des écoutes téléphoniques où elle évoque des manifestations pacifiques.

Bien que malade et enfermée à la prison notoirement insalubre de Kality, Reeyot Alemu a refusé de témoigner contre d’autres journalistes en échange de sa liberté. Elle a écopé de 13 jours à l’isolement en guise de représailles. Spécialiste des sujets liés à la pauvreté, à la politique éthiopienne et à l’égalité des sexes, « Reeyot parlait de problèmes que même les leaders de l’opposition les plus expérimentés et forts en gueule étaient incapables de mettre sur la place publique », selon un de ses amis de l’université d’Addis-Abeba.

 

Asmaa al-Ghoul

Sa consœur Asmaa al-Ghoul, auteure et journaliste, avait déjà été honorée en 2010 par la Bourse Hellman/Hammett pour les écrivains menacés décernée par Human Rights Watch. Farouchement indépendante et laïque, elle travaille en freelance pour le journal palestinien Al-Ayyam et publie régulièrement sur son blog des articles sur Gaza. Elle y dénonce aussi bien le terrorisme culturel et militaire du Hamas que la corruption du Fatah, en passant pas les bombardements israéliens. En 2008-2009, elle s’est rendue dans les zones les plus durement touchées par les bombardements pour témoigner du sort des civils palestiniens. En 2007, elle dénonce les méthodes du Hamas dans une lettre ouverte à son oncle, un officier de l’appareil militaire du parti islamiste.

Asma al-Ghoul fait également partie des huit femmes journalistes tabassées et torturées par les services de sécurité du Hamas alors qu’elles couvraient des rassemblements de Gazaouis appelant à la réconciliation avec le Fatah. Elle et son jeune fils reçoivent fréquemment des menaces de mort. Mais elle continue, car pour elle, le journalisme « c’est comme se battre dans les rues aux côtés des gens pour une vie meilleure ».

 

Khadija Ismayilova

Quant à Khadija Ismayilova, ceux qui veulent la faire taire n’ont pas hésité à installer des caméras chez elle, puis à la menacer de diffuser photos et vidéos intimes sur le net. Menace mise à exécution lorsqu’elle a refusé d’abandonner son émission hebdomadaire sur Radio Azadliq, l’antenne azerbaïdjanaise de Radio Free Europe. Ismayilova risquait pourtant bien plus que la honte et la violation de sa vie privée : les « crimes d’honneur » sont une réalité en Azerbaïdjan. La journaliste est persuadée que son gouvernement est derrière ce chantage. « Il y a eu de nombreux cas de chantage contre des journalistes, explique-t-elle. Je connaissais ce risque. »

De fait, son émission, où elle dénonce la corruption et les pratiques douteuses du monde des affaires azerbaïdjanais, gêne beaucoup de monde. Khadija Ismayilova a mis au jour les parts cachées que possèdent l’épouse et les filles du président İlham Aliyev dans des sociétés minières, du bâtiment ou de télécommunication. Sociétés auxquelles sont souvent attribuées des marchés publics. Ainsi, un sous-traitant où la famille Aliyev possède des parts construit une partie du Baku Crystal Hall, où s’est tenu l’Eurovision 2012. Aucune surprise, donc, de constater qu’Ismayilova est régulièrement dénigrée par la télévision d’État.

Khadija Ismayilova est consciente des risques qu’elle prend. L’assassinat en 2005 du journaliste d’investigation Elmar Huseynov, jamais élucidé, l’a poussée à prendre la relève. Régulièrement, elle forme des journalistes aux techniques d’investigation, pour « [s’] assurer que je ne suis pas la seule à en faire. (…) Des étudiants en font, des collègues en font. S’ils me tuent, le silence ne tombera pas ».

 

Yannick Le Bars

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